CRITIQUE DE LE PAS DE LA PORTE DE KARINE VAN AMERINGEN ET IPHIGÉNIE MARCOUX-FORTIER

Texte : Véronique Bonacorsi

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La mort. Le trépas. Le dernier passage. Autant d’expressions pour désigner la chose essentiellement commune à toute existence humaine. Mais avant que tout s’arrête, chacun apprivoise à sa manière la fin, donnant lieu parfois à des rituels en marge de l’effrayante industrie grandissante de la mort. Le tandem de documentaristes Karine Van Ameringen et Iphigénie Marcoux-Fortier explore quelques-uns de ces sentiers incongrus dans Le Pas de la porte. Discours intime sur la préparation pour le plus grand inconnu.

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Les cinéastes Karine Van Ameringen et Iphigénie Marcoux-Fortier.

Comment l’envie de parler d’un thème si tabou naît-elle? En 2003, alors qu’elles tournaient leur premier film au Mexique, le duo de scénaristes-réalisatrices a pu assister à de traditionnelles funérailles mexicaines. Un véritable choc culturel : loin des coutumes sobres et mélancoliques, ce moment de commémoration prend la forme d’une fête. Dans une atmosphère enjouée, on célèbre nos défunts, on mange sur leur tombe… Là-bas, on embrasse l’aboutissement de la vie.

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Et s’il existait aussi chez nous des approches de prime abord inusitées? Ou sommes-nous tous tombés dans le standard de la mort « prête à porter »? Comment vit-on la fin? S’ensuit le tourbillon infini de questions qui incombe le sujet.

Dans des régions plus décentrées de la province, quatre histoires nous amènent à réfléchir sur le grand potentiel mortuaire que possèdent les Québécois. On fait connaissance avec Gilles et Gaétane, un couple propriétaire d’un salon mortuaire familial qu’il s’apprête à vendre. Avec Lucienne, une femme approchant de ses 80 ans, qui prépare ses préarrangements funéraires avec une relative bonne humeur. Puis, nous accompagnons Diane Huguette dans son processus de fabrication de son propre cercueil, aidée de ses proches. Enfin, Nadia doit naviguer à travers les responsabilités et les émotions qu’engendre la perte de sa mère, sans oublier ses devoirs familiaux.

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Grâce au documentaire Le Pas de la porte, le spectateur découvre des protagonistes, tout simples, dont le rapport avec l’inévitable trépas peut sembler surprenant. Leurs rituels, non conformes à ceux de l’industrie, nous révèlent les possibilités alternatives qui s’offrent à nous. Tandis que les personnages partagent ces moments uniques, Van Ameringen et Marcoux-Fortier nous proposent une suite de tableaux de vie dans lesquels on dévoile la normalité dans leurs approches. À travers la réalisation et la cinématographie se dégage un regard serein sur un sujet souvent nié. L’absence de musique extradiégétique – un choix judicieux – permet au public de ressentir la tristesse inhérente de la chose, mais sans effrayer ou angoisser. Les scènes d’archives personnelles soulignent d’autant plus la véracité fascinante des instants poignants d’intimité.

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Karine Van Ameringen et Iphigénie Marcoux-Fortier réussissent ici à désamorcer quelque peu les craintes face à la mort, car elles plongent dans ses douleurs, sa spiritualité. Cette coréalisation, qui a pris cinq ans à se construire, nous montre que le sujet mérite d’être discuté plutôt qu’évité. Comme quoi la mort n’a pas nécessairement à se vivre en solitaire.

Récipiendaire du Prix du public Télé-Québec, Le Pas de la porte a été projeté aux Rendez-vous du cinéma québécois, ainsi qu’au Festival de cinéma de la ville de Québec. Le documentaire long métrage est maintenant disponible en DVD sur le site Internet de Vidéo Femmes.

Site Web officiel du film : www.lesglaneuses.org/lepasdelaporte

Texte : Karine Tessier

Photos : S.E. Amesse

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Le 25 octobre dernier a eu lieu la quatrième Marche des zombies de Montréal. De plus en plus populaire, l’événement a rassemblé cette année plus de 12 000 personnes maquillées et costumées, qui ont déambulé dans les rues de la métropole en grognant ou en rampant.

Les Québécois sont loin d’être les seuls à prendre part à ces manifestations de morts-vivants. Plusieurs grandes villes sur la planète organisent de telles célébrations, de Toronto à Londres, en passant par Mexico, Singapour et Stockholm.

Fragments Urbains était de la fête. Voici certaines des étranges créatures que nous avons croisées à cette occasion.

Site Web officiel de la Marche des zombies de Montréal : http://montrealzombiewalk.com/fr

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CRITIQUE DE LOVE PROJET DE CAROLE LAURE

Texte : Véronique Bonacorsi

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Montréal d’aujourd’hui. Nid d’une jeunesse confrontée aux innombrables possibilités que lui propose une cité en ébullition culturelle. Avec Love Projet, la cinéaste québécoise Carole Laure offre sa mosaïque d’une génération Y en mal d’affection, trouvant du réconfort dans l’art.

Photo : Les Films Séville

Photo : Les Films Séville

Réunis autour de la metteure en scène Touga (Céline Bonnier) pour un projet multidisciplinaire, une douzaine de jeunes créateurs vivent au rythme de leurs inspirations et angoisses, typiques des adultes de mi-vingtaine à début trentaine. Louise (Magalie Lépine-Blondeau) est en mission pour sauver sa petite sœur adoptive du gouffre de la drogue. Alex (Benoît McGinnis), épris de Louise, passe la plupart de son temps libre à s’occuper de son père affaibli. Mère d’un petit garçon qu’elle délaisse, Julie (Natacha Filiatrault) tente par la thérapie de se sortir du cycle des aventures d’un soir et de retrouver confiance en elle. Pendant que leurs corps, leurs voix s’entrelacent harmonieusement sous les projecteurs, les relations de ces aspirants artistes montréalais, entre eux comme en dehors de la scène, palpitent de manière tumultueuse.

Photo : Les Films Séville

Photo : Les Films Séville

À l’image de ses protagonistes touche-à-tout, la scénariste et réalisatrice de Love Projet a mené une carrière au pluriel, passant auparavant par le jeu et le chant. Un rapport intime à la musique que Laure parvient à exprimer à travers sa quatrième réalisation cinématographique, d’autant plus que la bande originale fut composée par son conjoint, Lewis Furey. Même leur fils Tomas (l’interprète du personnage d’Eliott) a écrit quelques pièces pour le film.

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Photo : Les Films Séville

De cette collaboration familiale résulte une ambiance envoûtante, presque de transe, qui enveloppe le scénario du début à la fin. La bande sonore moderne exacerbe l’aspect théâtral de la vie des personnages. Les chorégraphies complexes, intentionnellement imparfaites, où les danseurs s’agrippent, se débattent, reflètent le besoin acharné du contact humain de ces jeunes. Laure tenait à démontrer cette théâtralité que semble avoir adoptée la génération de ses enfants. Ils vivent aussi intensément qu’ils jouent. Mais bien qu’il ne s’agisse pas ici d’une comédie musicale, la présence de la musique enterre parfois la dramatique, déjà trop dispersée entre les nombreuses intrigues.

Photo : Les Films Séville

Photo : Les Films Séville

Une distribution multitalentueuse était requise pour réussir ce portrait crédible du domaine des arts. Ce sont donc bien les acteurs du film que l’on voit exécuter tous les numéros. Un groupe de visages frais, chacun accomplissant l’exigeante tâche de façon impressionnante. Par ailleurs, il faut souligner la présence étincelante de Natacha Filiatrault, nouvelle venue au grand écran, qui parvient à rendre sympathique sa Julie si complexée.

Photo : Les Films Séville

Photo : Les Films Séville

Love Projet de Carole Laure expose des personnages intéressants, vrais, qui résonnent sûrement plus avec le spectateur vivant cet angoissant passage à l’âge adulte. Mais en voulant présenter son hommage à la jeunesse, la réalisatrice a été un peu trop ambitieuse, en tentant d’incorporer le plus de relations emblématiques possible de cette quête d’amour contemporaine. Nous imaginons plus facilement ces histoires déployer leurs ailes narratives grâce au format d’une série télé.

La première mondiale de Love Projet a eu lieu en octobre dernier, lors de la tenue du Festival du nouveau cinéma à Montréal. Le film est à l’affiche dans les salles de cinéma québécoises depuis le 24 octobre 2014.

Texte : Karine Tessier

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Des chansons d’amour, de contestation, de célébration, d’affirmation. Des mélodies folk, hip-hop, rock, disco, yéyé, d’ici ou d’ailleurs. Et, à travers ces mots et ces notes, l’histoire de la Belle Province, des années 1960 à aujourd’hui. C’est ce que nous propose le Musée McCord avec son exposition Musique – Le Québec de Charlebois à Arcade Fire, présentée jusqu’au 13 octobre 2014. L’occasion toute indiquée pour replonger dans ses souvenirs ou découvrir les rythmes qui ont enchanté les générations qui nous ont précédés. Voici, en 5 mots clés, le compte rendu de notre visite.

Audioguide. Un must! Tout en admirant pochettes de disque et instruments, vous pourrez écouter une centaine de pièces sous forme d’extraits ou en version intégrale. Vous n’êtes toujours pas rassasié à votre sortie? Procurez-vous la compilation exclusive au musée, en vente à la boutique.

Photo : Marylin Aitken, Musée McCord

Photo : Marylin Aitken, Musée McCord.

Robe signée Rudi Gernreich, vers 1969. Photo : Musée McCord.

Légèreté. À l’entrée de l’exposition, on est accueilli par les couleurs vives et les tubes pétillants de l’époque yéyé. Décennie de folie et de démesure, les années 1960 verront également la naissance du star system. Et si les minijupes des groupies raccourcissent à vue d’œil, les lecteurs de musique, eux, deviennent portatifs. Un premier pas vers le baladeur et le lecteur MP3.

Tourne-disque portatif, vers 1970. Photo : Musée McCord.

Tourne-disque portatif, vers 1970. Photo : Musée McCord.

Engagement. De la Révolution tranquille au Printemps érable, nombreux ont été les musiciens d’ici à entonner des chants engagés. Ils le font pour revendiquer de meilleures conditions de vie, contester des décisions politiques ou partager une quête identitaire. Comme l’a affirmé Robert Charlebois, lors de sa visite au Musée McCord en juillet dernier, « si l’on veut en savoir plus sur l’histoire d’un peuple ou d’une nation, on en apprend plus à travers les chansons que par tous les discours politiques mis bout à bout. »

Manuscrit Les Géants, de Loco Locass, 2003. Photo : Musée McCord.

Manuscrit Les Géants, de Loco Locass, 2003. Photo : Musée McCord.

Manuscrit. Parmi les 200 objets que contiennent les salles de l’exposition, quelques pages très spéciales. Sur le papier, sont couchés les mots de l’émouvante « Gens du pays », écrite par Gilles Vigneault quelques semaines à peine avant la Fête nationale de 1975. Un des coups de cœur des deux porte-parole de l’événement, Sébastien Desrosiers et Mouffe.

Guitare de Richard Séguin, vers 1980. Photo : Musée McCord.

Guitare de Richard Séguin, vers 1980. Photo : Musée McCord.

Photo : Marylin Aitken, Musée McCord.

Photo : Marylin Aitken, Musée McCord.

Créativité. L’imagination débordante des artistes québécois s’exprime tout autant dans leurs tenues de scène et la conception de leurs spectacles. Les fashionistas d’hier et d’aujourd’hui frissonnent devant les créations sculpturales de Michel Robidas pour la diva Diane Dufresne et les vêtements griffés portés par Céline Dion partout sur le globe.

Costume de scène de Rufus Wainwright, signé ZALDY, 2010. Photo : Musée McCord.

Costume de scène de Rufus Wainwright, signé ZALDY, 2010. Photo : Musée McCord.

Robe de Céline Dion, signée Versace, vers 2008. Styliste : Annie Horth. Photo : Musée McCord.

Robe de Céline Dion, signée Versace, vers 2008. Styliste : Annie Horth. Photo : Musée McCord.

Et la mise en scène des spectacles en met plein la vue aux fans venus applaudir leurs idoles. Certaines performances sont restées gravées dans les mémoires. On pense à L’Osstidcho en 1968, qui mettait notamment en vedette Mouffe. À 1 fois 5 qui, lors de la Fête nationale de 1976, a réuni sur les plaines d’Abraham, puis sur le mont Royal les Charlebois, Vigneault, Léveillée, Deschamps et Ferland. Et, plus récemment, au duo enflammé composé des légendes Oscar Peterson et Oliver Jones au Festival international de jazz de Montréal en 2004.

Lunettes de Dédé Fortin, vers 1995. Photo : Musée McCord.

Lunettes de Dédé Fortin, vers 1995. Photo : Musée McCord.

Ils ont dit…

« Le passé n’a pas été oublié. Mais l’histoire est formatée. On doit prendre du recul, digérer les manifestations culturelles des 20 ou 30 dernières années, poser un nouveau regard sur les œuvres. Et revaloriser notre patrimoine. »

-Sébastien Desrosiers, historien de l’art et animateur à CIBL, membre du comité consultatif et coporte-parole de l’exposition.

« Nous avons un devoir de transmission face aux jeunes. Quand j’ai commencé dans le métier, personne ne m’a dit quoi faire. Aujourd’hui, j’aide les jeunes artistes, pour qu’ils puissent en quelque sorte gagner du temps. Être une marraine, c’est ma vocation. »

-Mouffe, comédienne, chanteuse, auteure et metteure en scène, membre du comité consultatif et coporte-parole de l’exposition.

Site Web officiel du Musée McCord : http://www.mccord-museum.qc.ca/

Texte et photos: Audrwey A.

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Pour celles et ceux qui souhaitent s’offrir un voyage dans le temps, rendez-vous à l’exposition Plages à Paris selon Daumier qui se tient actuellement à la Maison de Balzac.

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Dans cette habitation située au 47, rue Raynouard dans le 16e arrondissement parisien et occupée par l’écrivain pendant sept ans, le visiteur se déplace du cabinet de travail de l’auteur de La Comédie Humaine décoré de quelques-uns de ses objets personnels, dont sa table et son fauteuil, et de portraits de ses proches aux autres pièces où sont exposés quelques manuscrits et œuvres originales.

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Mais pour se plonger dans le Paris Plages du 19e siècle, direction le sous-sol. C’est dans cette partie de la maison que la Seine « prend le dessus », grâce aux peintures et lithographies signées par Honoré Daumier et qui composent cette exposition.

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Publiées dans Le Charivari, journal illustré satirique français de l’époque, les œuvres du graveur-caricaturiste mettent en scène les Parisiens à travers les jeux aquatiques auxquels ils s’adonnaient tels que la baignade, le canotage et la pêche à la ligne au contact du fleuve.

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Pour vous offrir une « ballade fluviale » ou participer aux ateliers-lectures organisés, rendez-vous donc jusqu’au 28 septembre à la Maison de Balzac.

Site Web officiel de la Maison de Balzac : www.balzac.paris.fr

Visitez l’édition 2014 de Paris Plages avec nous ici!

Texte et photos : Audrwey A.

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L’été à Paris ne se résume pas qu’aux terrasses des cafés prises d’assaut par les Parisiens et les touristes, aux longues files d’attente pour entrer et visiter un musée pour avoir la chance d’y admirer une toile de maître, mais c’est aussi ses événements éphémères comme Paris Plages qui s’installe pendant un mois sur les berges de la Seine.

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L’opération menée par la mairie de Paris depuis 2002 offre aux citadins la possibilité d’apprécier la capitale française, les pieds dans le sable, allongés dans un transat à l’ombre d’un parasol, grâce aux nombreux partenariats qu’elle a su tisser.

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Cette année, notre circuit a débuté sur le parvis de l’hôtel de ville avec un premier arrêt au bar à eau et aux fontaines en libre service, où l’Eau de Paris « en version » plate ou gazeuse était offerte à la dégustation.

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Après un rapide coup d’œil aux terrains de beach-volley qui ont remplacé les écrans géants du Mondial, notre ballade se poursuit sur la Voie Georges-Pompidou, afin de découvrir le sable (signé Lafarge) de Paris Plages et les activités proposées au public : un coin lecture, une boutique Paris Rendez-Vous, un boulodrome, des buvettes, les transats pour la détente et… la tour Eiffel.

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Cette année, une version miniature de la tour de fer construite à partir de chaises Bistro rouges signées de la marque Fermob – qui fête ses 125 ans – a en effet joué les stars devant les objectifs des Paris Plagistes.

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Quant à la pause culture, elle a été illustrée grâce au Musée du Louvre qui a offert aux citadins sensibles à l’art une découverte de ses collections sur le thème « baigneurs et baigneuses »,  et des animations pour les enfants autour du coloriage.

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Diane, de Christophe-Gabriel Allegrain (1778), moulage en résine de l’original en marbre

Le concept de plage urbaine n’est pas propre à Paris. De nombreuses villes européennes telles que Londres, Amsterdam, Berlin pour en citer quelques-unes ont accueilli leur plage.  Du côté de Montréal, tout se passe dans le quartier du Vieux-Port avec la Plage de l’Horloge. Inaugurée en mai 2012, cette installation offre une vue sur le fleuve St-Laurent, le pont Jacques-Cartier et l’île Ste-Hélène à l’ombre de ses parasols bleus ou sous les brumisateurs géants.

Bien que Paris Plages 2014 sur la Voie Georges-Pompidou ait fermé ses portes, le concept joue les prolongations au nord de Paris au bord du Bassin de la Villette (Paris 20e arrondissement) jusqu’au 24 août et offre un retour vers le passé avec l’exposition Plages à Paris selon Daumier. On vous la fait visiter ici!

Site Web officiel de Paris Plages : http://www.paris.fr/parisplages

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Texte : Karine Tessier

Photos : S.E. Amesse

Bannière officielle de Fierté Montréal.

Bannière officielle de Fierté Montréal.

La 8e édition de Fierté Montréal avait lieu du 11 au 17 août derniers à Montréal. Au programme : 80 activités informatives, sociales et culturelles, dont deux grands événements : la Journée communautaire et le Défilé de la Fierté. Le thème de ce dernier, inspiré du bien connu drapeau arc-en-ciel : la couleur orange, symbole de vitalité, d’énergie, de chaleur et d’espoir.

Cette semaine de célébration a attiré l’an dernier plus de 450 000 personnes, venues souligner dans la joie les avancées réalisées par la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre. Mais tout n’est pas gagné. « Dans 77 pays, le simple fait d’être LGBT est passible d’une amende, d’un châtiment physique, d’une incarcération ou de la peine de mort », rappelle Éric Pineault, président de Fierté Montréal.

Site Web officiel de Fierté Montréal : http://www.fiertemontrealpride.com/

Mado Lamotte.

Mado Lamotte.

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De gauche à droite, les drapeaux : fierté bisexuelle, fierté lesbienne, ours, fierté trans, cuir, LGBTQ.

De gauche à droite, les drapeaux : fierté bisexuelle, fierté lesbienne, ours, fierté trans, cuir, LGBTQ.

Québec solidaire.

Québec solidaire.

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Drapeau de Capital Pride, Ottawa.

Drapeau de Capital Pride, Ottawa.

HELEM Montréal, groupe qui lutte contre l'homophobie au sein de la communauté libanaise.

HELEM Montréal, groupe qui lutte contre l’homophobie au sein de la communauté libanaise.

HELEM Montréal.

HELEM Montréal.

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Club Bolo Danse Country.

Club Bolo Danse Country.

Club Bolo Danse Country.

Club Bolo Danse Country.

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RÉZO, organisme communautaire voué à la santé des hommes gais et bisexuels.

RÉZO, organisme communautaire voué à la santé des hommes gais et bisexuels.

Ensemble vocal Les Nanas.

Ensemble vocal Les Nanas.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada.

Parti libéral du Canada.

Parti libéral du Canada.

GRIS-Montréal (Groupe de recherche et d'intervention sociale).

GRIS-Montréal (Groupe de recherche et d’intervention sociale).

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Parti vert du Canada.

Parti vert du Canada.

Georges Laraque et le Parti vert du Canada.

Georges Laraque et le Parti vert du Canada.

Jimmy Moore, personnificateur.

Jimmy Moore, personnificateur.

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Fête arc-en-ciel de Québec.

Fête arc-en-ciel de Québec.

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St. James United Church.

St. James United Church.

CRITIQUE DE FRANK DE LENNY ABRAHAMSON

Texte : Véronique Bonacorsi

Photo: Magnolia Pictures

Photo : Magnolia Pictures

Que faire lorsqu’on nourrit l’ambition d’un musicien, mais qu’on ne possède pas le talent? On rejoint un groupe d’artistes originaux au nom imprononçable, dirigé par un génie portant une tête de cartoon!

Pour Jon (Domhnall Gleeson), l’opportunité d’échapper à sa vie banale survient lorsqu’il assiste à la maladroite tentative de suicide du claviériste des Soronprfbs. Le gérant des musiciens, Don (Scoot McNairy), invite spontanément Jon à jouer avec eux, sans demander d’audition. Le jeune banlieusard se ramasse alors sur scène, puis dans une cabine éloignée en Irlande, et enfin à un réputé festival américain, parmi une bande d’éclectiques personnages. Au centre de ceux-ci : Frank (Michael Fassbender, pour autant qu’on sache), chanteur charismatique et loufoque qui porte en tout temps un imposant masque sphérique aux yeux bleus écarquillés et à la bouche entrouverte. L’arrivée de Jon, qui pousse la formation à flirter avec la célébrité, menace particulièrement la relation codépendante entre le prodige éponyme et sa proche collaboratrice Clara (Maggie Gyllenhaal).

Photo: Magnolia Pictures

Photo : Magnolia Pictures

Où trouve-t-on l’idée pour une telle excentricité? L’œuvre s’inspire d’abord de la vie du musicien Chris Sievey et de son alter ego Frank Sidebottom, reconnu pour la tête dessinée qu’il portait en spectacle. Des années après la disparition de son Frank, Sievey désire faire renaître le farfelu personnage. Il contacte donc son ami Jon Ronson, son claviériste pour la période 1980-1990, qui écrit un article racontant leur parcours incongru pour le journal The Guardian. Peter Straughan, le coscénariste de Ronson pour le film The Men Who Stare At Goats, lui propose alors qu’ils adaptent ce récit pour le cinéma. Les scénaristes choisissent alors de s’éloigner de la simple biographie et d’incorporer des éléments d’autres musiciens marginaux pour construire un Frank tout neuf.

Photo: Magnolia Pictures

Lenny Abrahamson, réalisateur. Photo : Magnolia Pictures

Cette liberté créatrice a séduit Lenny Abrahamson (What Richard Did, Garage), un réalisateur irlandais relativement inconnu, qui se spécialise en personnages uniques, mais sympathiques. N’ayant pas à endosser le fardeau de relater des faits véridiques de A à Z, Abrahamson a su matérialiser à l’écran le ton merveilleusement bizarre de Frank, qui se promène entre extrême comédie physique et silencieuse tragédie.

Selon les acteurs, le cinéaste avait une vision très claire de ce qu’il voulait, tout en gardant une ouverture aux suggestions et à l’inspiration du moment. Une méthode qui s’est avérée fructueuse les jours de tournage des scènes musicales. Pour préserver l’authenticité des performances, les chansons des Soronprfbs, des compositions originales de Stephen Rennicks, ont été jouées par les acteurs eux-mêmes et enregistrées live. Il en résulte une ambiance sonore anti-traditionnelle, expérimentale, tout en demeurant mélodieuse, parfaitement représentative de l’univers surréaliste du film. Et lorsque Frank s’aventure dans ce qu’il pense être de la pop, pour écrire sa « chanson la plus plaisante », cela produit une hilarante absurdité.

Photo: Magnolia Pictures

Photo : Magnolia Pictures

Cet étrange joyau n’aurait pas fonctionné sans l’apport dévoué de la distribution. Avec sa première véritable saucette dans le domaine comique, Michael Fassbender (Shame, X-Men : Days of Future Past, 12 Years a Slave) prouve qu’il n’est pas l’un des acteurs les plus hot de l’heure seulement grâce à son beau visage. Malgré sa vision périphérique diminuée par le gigantesque masque, l’acteur a confié avoir accueilli la façade de papier mâché comme une libération. Le spectateur assiste ainsi à une prouesse de jeu corporel, conjuguant subtilité et exagération. Même si Frank semble tout droit sorti des dessins animés du samedi matin, on perçoit sa vulnérabilité, ce qui nous fait réaliser que nous faisons bien face à un être humain complexe. La performance nuancée de Fassbender est mise en valeur par celle, tout autant convaincante, de Domhnall Gleeson (About Time), l’interprète du héros un peu naïf et point d’ancrage de la « normalité » pour le public.

Le film de Lenny Abrahamson propose un feu roulant de savoureux dialogues, intelligemment ficelés, des situations cocasses, mais aussi beaucoup de cœur. Encore mieux, Frank réalise l’exploit de laisser le pouvoir au spectateur d’interpréter les émotions que ce visage cartoonesque imperturbable reflète. Si le masque agit comme barrière de protection pour le personnage, il nous déroute et nous force à constater qu’on ne se sent à l’aise avec soi-même que lorsque notre image dans les yeux de l’autre nous satisfait.

Photo: Véronique Bonacorsi

Notre journaliste, arborant le masque remis au public à la projection du film au festival Fantasia. Photo : Véronique Bonacorsi

Projeté en première mondiale à Sundance en janvier 2014, et cet été en première québécoise au Festival international de films Fantasia, Frank prend l’affiche sur le continent nord-américain en sortie limitée ce mois d’août.

Site Web officiel du film: http://www.magpictures.com/frank/

CRITIQUE DU FILM GUARDIANS OF THE GALAXY DE JAMES GUNN

Texte : Véronique Bonacorsi

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Quarante-cinq ans après sa première apparition en bande dessinée, Guardians of the Galaxy s’aventure au cinéma. Le film coécrit et réalisé par James Gunn (Slither, Super) propose une promenade interstellaire virevoltée, en compagnie des protagonistes peut-être les moins nobles de l’univers de Marvel.

Un Terrien du nom de Peter Quill (autoproclamé Star-Lord, interprété par Chris Pratt), sous les ordres du pirate Yondu (Michael Rooker), dérobe un artefact, un globe recelant un noir pouvoir extrêmement puissant, qui appartient à Ronan l’Accusateur (Lee Pace). Alors commence la dégringolade des mésaventures pour Quinn. La vie se charge de lui jeter dans les jambes les étranges créatures qui deviendront ses alliés : la belle assassine Gamora (Zoe Saldana), l’imposant maniaque Drax (Dave Bautista, également lutteur vedette de la WWE), le dangereux semi-cybernétique raton-laveur Rocket (Bradley Cooper), et l’arbre humanoïde Groot (Vin Diesel). Malgré eux, ils deviennent les « Gardiens », chargés de protéger une planète en péril de l’effrayant Ronan.

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Oui, l’histoire de Quill commence comme tout récit de héros : avec la perte d’un être cher. Mais là s’arrête la ressemblance. Ici, le groupe des Gardiens est constitué d’individus égoïstes au passé reprochable. Ces antihéros deviennent amis, en quelque sorte, lorsqu’ils découvrent qu’ils n’ont pas à être des perdants, qu’ils peuvent accomplir quelque chose d’important. C’est ce côté si humain qui résonne le plus auprès des spectateurs. Les acteurs principaux se débrouillent assez bien pour insuffler un caractère plus terre à terre à leur personnage. Et bizarrement, le plus attachant de tous est incontestablement Groot, qui ne possède physiquement aucune once d’humanité.

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Une autre incongruité de Guardians of the Galaxy : le ton. Alors que les histoires épiques de ce genre adoptent un style sérieux où des moments de légèreté s’insèrent, ce film semble virer cette formule sens dessus dessous. On se retrouve dans une comédie qui intègre des instants de gravité. Mais même ces passages peuvent provoquer le rire. À l’origine des situations les plus comiques : Drax, être quasi shakespearien. Une approche surprenante, rafraîchissante même, quoique certains pourraient la trouver dérangeante.

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Le mix qu’écoute Quill sur son Walkman en tout temps, son seul souvenir tangible de sa vie sur Terre, sert de bande originale aux péripéties et contribue grandement à générer un côté ludique au long métrage. On nous propulse ainsi dans ces aventures extraterrestres sur les airs de Moonage Daydream de David Bowie et Cherry Bomb des Runaways. Nostalgiques des bons vieux classiques des années 1980, vous serez servis!

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Imaginé en 3D dès le départ, le projet de Gunn constituait une tâche visuellement ambitieuse. Puisque l’action se déroule presque entièrement dans une galaxie lointaine, il fallait que le produit final soit à la fois crédible et époustouflant. Le travail a été mené à terme avec brio par les équipes des costumes, supervisée par Dan Grace (la série Dark Knight, le prochain Avengers : Age of Ultron), des décors et des effets spéciaux. Ce monde, basé sur la version de la bande dessinée de 2008 de Dan Abnett et Andy Lanning, s’il ne possède pas la profondeur philosophique de la saga X-Men, a le mérite de présenter un emballage complexe impeccable.

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Guardians of the Galaxy ne profite pas de la reconnaissance qu’ont reçue les films de superhéros précédents, tels que ses cousins les Avengers. James Gunn et ses associés avaient donc comme défi d’introduire cet univers riche à un tout nouvel auditoire. Les forces cosmiques doivent considérer que c’est mission accomplie : dans la voie de réaliser la loi hollywoodienne de la trilogie, un deuxième volet a été annoncé au Comic-Con de San Diego, une semaine avant même la sortie du premier opus.

D’abord projeté en présentation spéciale à guichet fermé au Festival international de films Fantasia à Montréal, Guardians of the Galaxy de James Gunn est à l’affiche au Québec depuis le 1er août 2014.

Site Web officiel du film : http://marvel.com/guardians

CRITIQUE DU FILM BOYHOOD DE RICHARD LINKLATER

Texte : Véronique Bonacorsi

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« Que feras-tu les 12 prochaines années? » Voilà de quelle façon déconcertante le réalisateur Richard Linklater approcha ses potentiels collaborateurs pour un ambitieux projet cinématographique. Une folle proposition, une épreuve de patience… et, aujourd’hui, un film touchant où le vrai héros est la vie elle-même.

L’histoire de Mason (Ellar Coltrane), c’est plus que le simple récit du passage à l’âge adulte d’un petit garçon rêveur. C’est aussi les communs épisodes de dispute avec sa sœur, Samantha (Lorelei Linklater, la fille du réalisateur), bonne élève, soucieuse de plaire. C’est sa relation avec ses parents divorcés : Olivia (Patricia Arquette), l’ancre de la famille, qui a la pire chance en amour, et Mason senior (Ethan Hawke), ludique mais impliqué, malgré qu’il voie ses enfants à intervalles irréguliers. Ainsi, nous sommes témoins de ce portrait de famille, évoluant sur plus d’une décennie, à travers le regard de Mason junior.

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Certes, on peut qualifier Richard Linklater de visionnaire pour avoir imaginé un projet de si longue haleine, jamais tenté auparavant en cinéma de fiction. Il ne faut cependant pas croire que l’Américain avait prévu chaque dialogue et tournure de Boyhood  dès 2002. En fait, seul le facteur de temps apparaissait clair (le film fut baptisé au départ The Untitled 12 Year Project) dans l’esprit du réalisateur et scénariste. Pour créer son personnage central, de ses six ans jusqu’à ses 18 ans, Linklater a dû réunir toute son équipe pour une semaine chaque été, à la manière d’un camp de jour.  Le processus de création s’est fait de manière organique, résultant en une authenticité du produit inatteignable si on avait eu recours au maquillage et aux effets spéciaux.

L’acteur principal, Ellar Coltrane, aujourd’hui âgé de 19 ans, constitue indiscutablement un ingrédient-clé du succès de l’œuvre. Comme ses compagnons du grand écran, son jeu d’acteur apparaît naturel, même si échelonné sur une période de tournage incroyable. Probablement parce que la propre vie de Coltrane a influencé le parcours de son personnage de Boyhood. Linklater a d’ailleurs affirmé en entrevue s’être inspiré de la personnalité nonchalante et délicatement mystérieuse de sa vedette, ainsi que de ses intérêts. Parmi ceux-ci : la passion pour la photographie. La dimension photographique s’applique d’ailleurs à la structure du film. On penserait parcourir l’album-souvenir des protagonistes, dont les clichés ont été pris par l’appareil photo que sont les yeux de Mason. Tandis que les images des différentes périodes de sa jeunesse se succèdent, que le temps laisse ses empreintes corporelles sur les personnages, nous sommes quelque peu surpris, mais émus, de voir le garçon grandir, et les adultes (les toujours très beaux Arquette et Hawke) vieillir.

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En plus des traces physiques, le scénario de Boyhood offre des indices historiques et culturels emblématiques du début des années 2000 aux États-Unis. Cela facilite les transitions d’année en année;  les nombreuses ellipses ne dérangent pas. Une année, Mason senior se lance dans une critique du gouvernement de George W. Bush; plus tard, il entraîne ses enfants dans la campagne pro-Obama. Un moment, le jeune Mason joue avec son Game Boy; quelques années après, il se plaint de l’obsession nationale qu’est devenu Facebook. Quant à la trame sonore, tant intra qu’extradiégétique, elle met parfaitement en valeur l’époque en question. Coldplay, Britney Spears et The Black Keys, entre autres, contribuent tous à situer le spectateur et à générer l’émotion appropriée. Parfois, une référence musicale agit en tant que miroir pour l’univers mis en scène devant nos yeux. La scène où le père explique son amour pour la chanson Hate It Here de Wilco est éloquente. La simplicité des paroles, le quotidien rempli de précis petits détails, la lutte constante de la vie… Ce même côté pur, nu, qu’on retrouve dans Boyhood rend l’œuvre d’autant plus poignante.

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Le passage à l’âge adulte constitue un thème récurrent du cinéma américain. Mais Linklater a choisi de ne pas raconter des histoires de premières fois, typiques des films abordant ce thème. Par exemple, on ne voit pas Mason perdre sa virginité, mais plutôt la jouer cool devant ses amis, autour d’une bière, qui prétendent avoir de nombreuses aventures sexuelles.

Autre particularité : il n’y a pas de catastrophe ou d’élément déclencheur clair du récit. Un exploit admirable, car l’écran nous captive et on oublie que le film dure près de trois heures. Il est vrai que notre curiosité veut automatiquement que certains éléments de l’histoire soient plus développés. Or, Boyhood possède le mérite d’arriver à montrer l’émotion brute, qui survient à l’instant même, pour dépeindre une fresque à la fois particulière et générale. Cette œuvre fait plus qu’aborder le questionnement tumultueux de l’existence humaine, elle le vit. L’être humain ne suit pas un chemin tracé. Il fait de son mieux pour traverser les différentes épreuves qui se présentent à lui.

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Impossible, donc, d’ignorer la valeur de Boyhood. Déjà récipiendaires de plusieurs prix de festivals, dont les grands honneurs au Berlin International Film Festival, Richard Linklater et son œuvre prouvent que la patience peut être récompensée. Le courageux réalisateur a su donner une malléabilité au temps, son complice pour sa trilogie des Before, sans dénaturer son caractère furtif. Le dosage s’avère heureux, le film coule bien. Oui, le processus de création peut paraître plus impressionnant que l’histoire en tant que telle. Mais la nouveauté se crée grâce à l’approche intimiste du projet. Boyhood, c’est la somme des petites choses qui composent la jeunesse. Un spectacle d’une simplicité grandiose.

Boyhood de Richard Linklater, d’abord projeté en première québécoise au Festival international de films Fantasia à Montréal, est à l’affiche au Québec depuis le 25 juillet 2014.

Site Web officiel du film : boyhoodmovie.tumblr.com/