Archives de la catégorie ‘Événements’

Texte : Karine Tessier

Visuels créés par les artistes Pénélope et Chloë.

Du 25 mai au 3 juin, à Montréal, les murs s’abattent. Entre les différentes disciplines artistiques. Entre ceux qui foulent les planches et le public. Mais aussi dans les profondeurs insondables de notre imaginaire. À OFFTA, festival d’arts vivants, on laisse à une cinquantaine d’artistes du théâtre, de la danse et de la performance tout l’espace nécessaire pour créer. Pour cette 12e édition, ils s’interrogent sur les frontières, un thème aussi rassembleur que polarisant. Morceaux choisis d’une programmation débridée, qui fait la part belle à l’hybridité.

Danse Mutante, c’est le relai chorégraphique imaginé par l’incontournable Mélanie Demers et sa compagnie MAYDAY. Prenant racine dans la métropole, la création poursuivra sa route à New York, Bamako, Anvers/Rotterdam, avant de se poser à nouveau à Montréal, à l’automne 2019, à l’occasion d’un événement-marathon. On savourera chaque mouvement esquissé par Francis Ducharme et Riley Sims, sur des mélodies de Mykalle Bielinski.

Si vous êtes charmé par les rimes et les notes envoûtantes de cette dernière, sachez qu’elle proposera, à OFFTA, son concert immersif Mythe, où s’entrelacent chant polyphonique, poésie orale et improvisation. La communion de six femmes, qui chanteront leur rapport au temps, à l’autre, à elles-mêmes.

À mille lieues de l’univers éthéré de Mykalle Bielinski, MAC(DEATH), de Jocelyn Pelletier. Sur scène, l’œuvre de Shakespeare prend des airs de concert métal. L’artiste fait un doigt d’honneur aux codes traditionnels, désireux de faire résonner les classiques ici et maintenant.

Il y a 70 ans, ce sont les signataires du manifeste Refus global qui se questionnaient sur les contraintes sociales. Leur percutant texte trouve-t-il encore écho auprès des Québécois, des décennies après sa parution? L’exposition Refus Contraire, à laquelle une vingtaine d’artistes et d’intellectuels ont contribué, se penche sur la question. À voir à la Galerie de l’UQAM, du 16 mai au 16 juin.

Vous vous passionnez pour l’envers du décor? Tendez l’oreille à la quotidienne OFF.Radio, qui proposera, tout au long du festival, des panels et des performances en lien avec sa programmation. Les émissions, enregistrées au Monument-National, seront disponibles sur les différentes plateformes de l’événement. Parmi les thèmes abordés : la notion de frontière dans le processus de création, la mémoire collective, les arts du cirque.

Pour son œuvre performative et expérimentale Nous serons universel.le.s, Kamissa Ma Koïta s’est nourrie autant des approches féministes, des mouvements altermondialistes et queer, que de la culture populaire. Une expérience immersive, où vous vous interrogerez sur les notions de privilèges sociaux.

L’une des six résidences de création présentées lors de cette 12e édition d’OFFTA, le projet Après la rue, de Mireille Camier et Ricard Soller i Mallol, juxtapose les récits de quatre artistes qui ont vécu de l’intérieur un mouvement de contestation populaire d’importance : la révolution verte à Téhéran en 2009, la révolution du jasmin à Tunis en 2011, les indignés à Barcelone en 2011, ainsi que le printemps érable à Montréal en 2012.

Aalaapi ᐋᓛᐱ, c’est un laboratoire conçu à partir d’un documentaire radiophonique, fruit d’une collaboration entre Québécois et Innus, qui donne la parole à des jeunes de 20 à 32 ans, qui se confient sur leurs passions, leurs peurs, leurs doutes.

Finalement, un rendez-vous incontournable de ce festival d’arts vivants, le MixOFF – Frontières & Boundaries, le résultat de plusieurs semaines de rencontres entre artistes et chercheurs, qui ont réfléchi ensemble sur le thème des frontières.

Pour tout savoir sur la programmation : offta.com

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Texte : Karine Tessier

Pour sa 11e édition, la foire Papier 18 se pose encore cette année dans les vastes espaces d’Arsenal art contemporain Montréal, dans le quartier Griffintown. Du 19 au 22 avril, le premier événement du genre en Amérique du Nord vous donne à voir les créations de 300 artistes, représentés par 40 des plus importantes galeries d’art canadiennes. Voici les suggestions de Fragments Urbains pour profiter à fond de cette célébration.

Kiosque de la Galerie Hugues Charbonneau, Papier 16. Photo : Jean-Michael Seminaro.

Il s’agit de votre initiation aux arts visuels et vous aimeriez être guidés? Papier 18 a pensé à vous en offrant différentes visites commentées. Et si vous n’êtes pas rassasiés, pourquoi ne pas assister à l’une des nombreuses tables rondes? À la discussion L’Art thérapie : de la théorie à l’action, seront présentées des réalisations témoignant de l’impact concret de l’art thérapie dans la métropole. En 2018, y a-t-il encore des sujets tabous en arts visuels? Absolument! Il en sera question au panel Damage Control : Dealing With Controversy In Recent Contemporary Art. Alors qu’il est question depuis plusieurs années du fameux plafond de verre qui empêcherait les femmes d’atteindre les plus hautes sphères des affaires, des finances et de la politique, qu’en est-il du milieu de l’art contemporain? On réfléchira à la question à la table ronde Le Plafond de verre : la place des femmes dans le milieu de l’art contemporain.

Oeuvre de Dominique Pétrin, kiosque de la Galerie Antoine Ertaskiran, Papier 17. Photo : Jean-Michael Seminaro.

Vous préférez déambuler d’un kiosque à l’autre librement? Ne passez pas sans vous arrêter devant l’espace de la Galerie Antoine Ertaskiran, de Montréal. Vous y attendront les créations de Kim Dorland, connue pour ses forêts tantôt sombres, tantôt aux couleurs néon, les buildings de nuit d’Aude Moreau et les collages de papier sérigraphié de Dominique Pétrin.

Stikki Peaches, Jasmine, 2017, Mixed-Media on cardboard, 87,63 x 87,63 cm.

De son côté, la Galerie Station 16, située dans la métropole, revient cette année avec les sculptures aux messages politiques, sociaux et environnementaux de Laurence Vallières, les célèbres boîtes de sirop d’érable de WHATISADAM, ainsi que les œuvres empreintes de la culture pop des années 1980 et 1990 de l’incontournable Stikki Peaches.

Kit King, Gemini, 2017, Huile sur papier, découpé et riveté sur un support acier et aluminium, 127 x 188 cm.

Les artistes du kiosque de la Galerie Youn, de Montréal, ne laisseront personne indifférent. Kit King présentera ses portraits intimes qui défient les normes. Robin Crofut-Brittinham exposera ses réflexions délicates, entre mythologie et science-fiction, sur les relations qui unissent l’humain, la flore et la faune. Puis, il y aura les sculptures de papier découpé de Joey Bates, des fleurs immaculées minutieusement travaillées.

Du côté du Studio 21 Fine Art, d’Halifax, il vous faut admirer les tissages composés de découpures de magazines d’I-Chun Jenkins.

Poursuivez votre visite en allant jeter un œil aux oiseaux de proie de René Derouin, au kiosque de la Galerie Michel Guimont, de Québec, de poétiques observations sur la nature et la société actuelle.

Suite Ottawa No.18 – Gabrielle (Roy)
2018, eau-forte rehaussée à l’acrylique et au graphite, 30 x 23 cm.

Vous êtes des fans finis du très populaire Marc Séguin? Vous serez comblés en visitant la foire. Deux kiosques auront sur leurs murs des créations du célèbre Québécois, soit la Galerie Simon Blais, située dans la métropole, et la Galerie Jean-Claude Bergeron, d’Ottawa.

Shan Kelley, Disclosures (In the warmth of her arms I thought only of you.) (2017).

Cette année, plusieurs des créateurs présents à Papier 18 vous proposeront des œuvres qui nourriront les débats sur l’identité, qu’on parle de culture, de genre, d’orientation sexuelle ou de santé. De la Galerie Pierre-François Ouellette art contemporain, de Montréal, Meryl McMaster réfléchit sur les perceptions des cultures autochtones et européennes. Karen Tam, elle, illustre les représentations de l’Asie en Amérique du Nord et en Europe, quelque part entre les traditions et la société de consommation. Vous pourrez voir ses œuvres au kiosque de la Galerie Hugues Charbonneau, toujours de Montréal. Paul Petro Contemporary Art, de Toronto, exposera les fleuris sombres de Zachari Logan, qui explore, dans son travail, l’identité masculine. Et la galerie dc3 Art Projects, d’Edmonton, vous présentera les mots de Shan Kelley. L’artiste activiste exprime dans ses tableaux ses pensées sur l’identité, l’adversité, la maladie.

Oeuvres de Mitch Mitchell, kiosque dc3 Art Projects, Papier 17. Photo : Jean-Michael Seminaro.

Pour toutes les informations sur la foire Papier 18 et sa programmation : papiermontreal.com

L’an dernier, à l’occasion de Papier 17, nous nous étions entretenus avec les dirigeants de la Galerie Station 16, de la Galerie Trois Points et de la Galerie Robert Poulin. Pour lire leurs réflexions sur l’impact de la foire sur les affaires de leurs galeries, ainsi que la place des médias sociaux dans le marché de l’art contemporain, c’est ici.

Texte : Karine Tessier

L’affiche de la 34e édition de Vues d’Afrique, une oeuvre de Mucyo, artiste lauréat du concours d’illustration 2018.

La 34e édition du Festival international de cinéma Vues d’Afrique bat son plein à Montréal du 13 au 22 avril 2018. Le plus grand événement du genre consacré au continent africain et à sa diaspora propose aux cinéphiles 88 films de 33 pays, mais également des concerts, des découvertes gastronomiques, des expositions d’arts. Incursion dans la programmation de cette célébration incontournable de la diversité.

Vous appréciez les courts et longs métrages africains, mais admettez en connaître bien peu sur l’industrie cinématographique de ce continent? Trois documentaires vous permettront d’en comprendre les rouages. Dans Écran à fric, écran magique, de Cédric Souaille, projeté en première mondiale, on s’interroge sur le phénomène Nollywood, la prolifique industrie du cinéma nigériane. Dans Destin commun, hommage à trois éclaireurs du septième art, de Stéphane Vieyra, on s’intéresse à l’histoire du cinéma africain, à travers le parcours de trois de ses pionniers : Jean Rouch, Paulin Soumanou Vieyra et Ousmane Sembène. Finalement, dans Tahar Chériaa, à l’ombre du baobab, de Mohamed Challouf, on dresse le portrait du père du panafricanisme cinématographique. Soulignons qu’une exposition sur le cinéaste-ethnologue Jean Rouch est en plus présentée à la Cinémathèque québécoise pendant le festival.

Du côté de la fiction, vous devez voir la comédie parisienne La Vie de château, de Modi Barry et Cédric Ido. Vous y suivrez l’élégant Charles, chef d’un groupe de rabatteurs embauchés par des salons de coiffure afro pour attirer de nouveaux clients, qui rêve de lancer son propre commerce.

Si vous préférez les drames, I Am Not a Witch, de Rungano Nyoni, est un must. On y raconte l’histoire bouleversante d’une fillette de neuf ans accusée de sorcellerie par les habitants de son village et envoyée dans un camp de sorcières.

Les plus petits et les plus grands apprécieront le film d’animation camerounais Minga et la cuillère cassée, de Claye Edou. Minga, c’est une jeune orpheline qui vit chez une femme acariâtre.

Passionnés d’arts engagés, on vous propose le documentaire Burkinabè Rising, l’art de la résistance au Burkina Faso, d’Iara Lee. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, une communauté d’artistes et de citoyens résiste et demande des changements politiques, de façon pacifique.

Dans Aziz’Inanga, éclipse du clair de lune, d’Alice Aterianus-Owanga, projeté en première internationale, on dresse le portrait de cette influente chanteuse, qui mêlait rythmes traditionnels, jazz et pop. Celle qui a connu la gloire des années 1970 à 1990 est disparue de la scène musicale de façon brutale il y a 20 ans, un mystère que la documentariste tente de percer.

Profitez de votre passage au festival pour vous détendre au Baobar, situé à la Cinémathèque québécoise. Pendant la durée des festivités, vous y trouverez des traiteurs haïtien et africain, des spectacles de musique, ainsi qu’une sélection de courts métrages de réalité virtuelle. Ces films vous plongeront, entre autres, dans un festival d’arts de rue au Ghana et une zone de guerre du Sud-Soudan.

Vues d’Afrique, c’est aussi le Rallye-Expos, un parcours d’arts visuels à découvrir gratuitement un peu partout dans la métropole jusqu’au 30 juin prochain. Ce mois-ci, il vous sera notamment possible de visiter une exposition photo au Consulat général d’Égypte et d’apprécier le talent de photographe du rappeur Samian à La TOHU.

Pour toutes les informations sur le Festival international de cinéma Vues d’Afrique et sa programmation, rendez-vous au : www.vuesdafrique.com

Texte : Karine Tessier

Après un long, très long hiver, pourquoi ne pas célébrer l’arrivée des beaux jours à l’un des plus grands festivals d’érable gratuits de la province? Du 22 au 25 mars 2018, plus de 80 000 personnes sont attendues à la huitième édition de la Cabane Panache et Bois rond, sur la Promenade Wellington, à Verdun. Une tonne d’activités et de spectacles gratuits, du shopping, des cocktails et des bouchées à petit prix… De quoi vous tenir bien au chaud et occupés pendant ce premier week-end printanier! Suivez le guide!

Premier arrêt, évidemment, la bouffe! Une quinzaine de restaurateurs de l’arrondissement revisiteront les plats traditionnels de la cabane à sucre. Une cinquantaine de bouchées vous raviront les papilles, pour aussi peu que 2 ou 4 $. Une belle façon de découvrir des endroits comme le Blackstrap BBQ, la Boulangerie rustique Sweet Lee’s, le Restaurant Les Street Monkeys ou Les Îles en ville.

Pour faire descendre le tout, les bars du quartier vous serviront des cocktails préparés spécialement pour l’événement, vendus entre 2 et 6 $. On a hâte de tremper nos lèvres dans les recettes du Balconville, de la Taverne irlandaise Le Trèfle, du Bar Palco et du Bal Maltéhops. Aussi, vous pourrez déguster gratuitement les whiskys canadiens Crown Royal sur place.

Avant d’aller applaudir les musiciens en prestation au festival, faites vos emplettes au Magasin général, où vous attendront les créations de 18 artisans d’ici, des desserts aux tricots, en passant par des savons, des thés, des boissons alcoolisées et des jouets en bois.

Photo : Caroline Perron.

Sur les scènes de Cabane Panache et Bois rond, de la musique traditionnelle, bien entendu, mais aussi des rythmes folk, rock, hip-hop. À ne pas rater, le spectacle en formule homme-orchestre de Fred Fortin, qui reprendra des chansons de chacun de ses albums en version minimaliste.

Un coup de foudre assuré pour l’auteure-compositrice-interprète Sara Dufour, qui raconte ses drôles d’histoires sur des mélodies bluegrass irrésistibles.

Et les amateurs de hip-hop seront comblés par les beats vitaminés de Rednext Level et le rap engagé du toujours solide KNLO.

Pour compléter la programmation de cette fin de semaine des sucres endiablée, une multitude d’activités gratuites vous seront offertes. Vous pourrez écouter des contes et légendes, voir le documentaire Le Goût d’un pays de Francis Legault, mettant en vedette Fred Pellerin et Gilles Vigneault, vous essayer à la sculpture sur bois et au lancer de la hache, et faire connaissance avec des alpagas, des canards et des ânes miniatures.

Le printemps dans la métropole est lancé dans 3, 2, 1…

Pour toutes les informations sur Cabane Panache et Bois rond : www.promenadewellington.com/fr/evenement/cabane-a-sucre-montreal

Texte : Karine Tessier

Pour une 24e année, le festival Noël dans le parc convie les Montréalais à festoyer dans trois lieux de la ville, du 1er au 25 décembre. Plus de 100 spectacles et activités sont offerts gratuitement à la population à la place Émilie-Gamelin du Quartier des spectacles, ainsi qu’aux parcs des Compagnons-de-Saint-Laurent et Lahaie, tous deux situés sur le Plateau Mont-Royal.

On ne saurait résister aux attraits de cet événement, devenu au fil des ans un classique du temps des Fêtes dans la métropole. Pour l’occasion, les parcs participants sont transformés en villages féeriques, parsemés de cabanes de bois rond, où fleurent bon les sapins et les feux de joie. Sur l’un ou l’autre des sites, vous pourrez vous asseoir sur les balançoires, faire connaissance avec les moutons dans leur enclos, déguster saucisses, bières de microbrasserie, vin chaud épicé et chocolat chaud. Vous pourrez également y apprécier les performances d’artistes de cirque et de marionnettistes, en plus de remettre votre liste de cadeaux au père Noël (si vous avez été bien sage cette année, il va sans dire).

Photo : Emmanuel Crombez.

Vous êtes épris de traditions? On vous propose d’écouter des contes de Noël lors d’une promenade en carriole sur l’avenue du Mont-Royal ou encore de vous joindre aux participants de la Marche des flambeaux, qui aura lieu le 9 décembre.

Du côté de la programmation musicale, encore cette année, on frappe dans le mille! Le coup d’envoi sera donné, le 1er décembre, par la porte-parole de Noël dans le parc, l’auteure-compositeure-interprète Mara Tremblay, qui vient de lancer son tout nouvel album, Cassiopée. La sensible artiste est bien connue pour sa poésie d’une grande beauté, couchée sur des mélodies tantôt folk, tantôt ponctuées de guitares décapantes.

Tout de suite après, montera sur scène la géniale La Bronze, dont le deuxième album Les Corps infinis nous a totalement séduits. Impossible de ne pas être touché par cette charismatique auteure-compositeure-interprète et ses pièces pop, qui flirtent avec l’électro autant qu’avec le rock.

En fin de soirée, la groovy formation Valaire vous fera danser avec ses rythmes funk, soul et électro.

Le 9 décembre, si ce n’est déjà fait, découvrez la jeune artiste Désirée, que plusieurs ont connue lors de sa participation à La Voix. L’an prochain, elle lancera son premier album. D’ici là, elle livrera au public montréalais un amalgame de reprises et de pièces originales, chantées de sa voix un peu rauque, reconnaissable d’entre toutes.

Les amateurs de poésie ne seront pas en reste! En effet, le festival a programmé trois soirées réunissant sur scène des dizaines d’artistes, les 6, 16 et 20 décembre. S’ajoute à ces spectacles la performance de la reine du spoken word, Queen KA, le 13 décembre.

Le 15 décembre, c’est l’incontournable Louis-Jean Cormier qui sera sur les planches de l’événement, seul avec sa guitare. Attention coup de cœur!

Le lendemain, le 16 décembre, vous nous croiserez assurément au concert de KROY, la moitié du duo Milk & Bone. Son album Scavenger, qui joue en boucle dans nos écouteurs depuis sa sortie, l’an dernier, offre une électro pop planante aux arrangements riches, qui rappelle par moments Portishead ou Massive Attack.

Le même soir, faites le plein de hip-hop! D’abord, avec la performance du D.J. et auteur-compositeur-interprète Shash’U, qui a notamment collaboré avec Rihanna, Chromeo et Kaytranada. Le Montréalais s’est fait connaître de plusieurs mélomanes grâce à son association, il y a quelques années, au mouvement électro-hip-hop Piu Piu. Il sera suivi sur scène par Lary Kidd, anciennement de la formation Loud Lary Ajust, dont le premier album solo a ravi critiques et public. Sur des rythmes lourds, le rappeur s’exprime sur le succès, la mode et les clichés qu’on associe à la scène hip-hop.

Si vous avez envie de décorer votre salon pour les Fêtes avec un sapin naturel, sachez que vous pourrez vous en procurer un dans l’un des trois parcs où sera présenté le festival, ainsi que sur son site Internet. Votre achat, en plus d’enjoliver votre demeure, aidera grandement au financement de l’événement.

Le site Web officiel de Noël dans le parc, pour acheter un sapin ou pour toutes les infos : noeldansleparc.com

Texte : Karine Tessier

Le collectif d’art engagé ATSA, Quand l’Art passe à l’Action présente, du 16 au 19 novembre, un événement de mobilisation citoyenne et artistique pour contrer les paradis fiscaux et les iniquités qui en résultent. Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence propose, à la place Émilie-Gamelin de Montréal, des activités artistiques, d’information et d’échange.

Ce rassemblement vient clore une année 2017 chargée pour le groupe, qui fête cette année son 20e anniversaire. Au printemps dernier, il nous avait conviés à l’imposant Cuisine ta Ville, sur l’esplanade de la Place des Arts, dans la métropole. Puis, ATSA, Quand l’Art passe à l’Action est parti en tournée avec sa bien connue activité Le Temps d’une Soupe dans plusieurs arrondissements montréalais, ainsi qu’à Vancouver, en France, au Royaume-Uni et en Autriche.

Un an après le scandale des Panama Papers, et quelques jours à peine après les révélations sur les Paradise Papers, le sujet de l’évasion fiscale défraie les manchettes plus que jamais. On peut dire que Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence arrive à point. Les cofondateurs d’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action, Annie Roy et Pierre Allard, travaillent depuis quatre ans à cet événement, qui vise à informer, dénoncer, mais également à réfléchir à des solutions pour éradiquer les inégalités. Parce que, si les thèmes abordés par le collectif sont durs, ses créations ne sont jamais dénuées d’espoir.

Photo : page Facebook de ATSA, Quand l’Art passe à l’Action.

La programmation

Pour lancer les activités, le 16 novembre, le Radis Fiscal, un objet insatiable qui bouffe tout ce qui l’entoure, sera démoli sur la place publique. La destruction de cette piñata géante servira de défouloir, tout en étant le symbole d’une libération des « petits » face à une élite vorace, qui cherche constamment à accroître son pouvoir et ses gains matériels.

Puis, pendant quatre jours, la population aura l’embarras du choix : conférences, kiosques d’information, projection de documentaires, prestations musicales, performances, expositions, activité Le Temps d’une Soupe… Le tout présenté gratuitement, à l’extérieur et sous des chapiteaux chauffés.

Photo : page Facebook de ATSA, Quand l’Art passe à l’Action.

Pour ceux qui n’auraient jamais participé au Temps d’une Soupe, il s’agit d’une rencontre entre deux personnes qui ne se connaissent pas, qui discutent d’un thème (cette fois-ci, les paradis fiscaux) en dégustant un bol de soupe fumante préparée par les restaurants Soupesoup. Avant de se dire au revoir, les participants prennent la pose, des portraits qui s’ajouteront aux 2 033 photos réalisées ici comme à l’étranger.

Vous aimeriez participer à la création d’une œuvre d’art visuel? Le génial Émmanuel Laflamme invite la population à construire avec lui un grand château de cartes de crédit. De son côté, avec Cartographie sociale, Emmanuelle Jacques poursuit sa fascinante démarche sur l’espace. Vous pourrez, à l’aide des estampes et cartes créées par l’artiste, décrire vos trajets quotidiens, vos endroits préférés ou, au contraire, ceux que vous évitez.

Si vous n’avez jamais assisté à la pièce Hidden Paradise, d’Alix Dufresne et Marc Béland, voilà votre chance de voir une répétition bonifiée de l’œuvre inspirée d’une entrevue donnée par le philosophie Alain Deneault (qui participe également à Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence) sur les évasions fiscales.

Pour les mélomanes, les concerts du rappeur Emrical et du musicien Doctor Nativo, qui mélange habilement reggae, hip-hop, cumbia et musique traditionnelle maya, sont à inscrire à l’agenda.

Vues de la rue. Photo : Mikaël Theimer.

À voir aussi, l’exposition de photos Vues de la rue réelle, le regard que portent sur la métropole des personnes en situation d’itinérance ou à risque, en collaboration avec le photographe Mikaël Theimer.

Et, si vous avez envie de vous engager, sachez que les organisateurs sont toujours à la recherche de bénévoles!

Annie Roy et Pierre Allard, cofondateurs d’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action. Photo : Jean-François Lamoureux.

3 questions à Annie Roy, cofondatrice d’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action

Au printemps dernier, quelques jours avant l’événement Cuisine ta Ville, nous nous étions entretenus avec l’artiste. Morceaux choisis de cette rencontre avec une femme passionnée, jamais à court d’idées pour changer le monde.

ATSA, Quand l’Art passe à l’Action a 20 ans cette année, en 2017. Comment arrive-t-on à se renouveler constamment après tant d’années?

Pour nous, à chaque fois qu’on crée, c’est la découverte d’un nouveau monde. C’est ça qui est extraordinaire de notre travail. Il y a une thématique qui prend forme. Et on va faire une sorte d’architecture sociale autour de ça, un événement qui va nous fusionner, nous mettre ensemble, nous faire vivre quelque chose d’extraordinaire, on l’espère, et qui va briser aussi des exclusions. Quand on est dans la rue et qu’on invite du monde de partout, on surprend les gens, on les sort de leur zone de confort. Ça les fait aller vers l’autre différemment. On brise des idées préconçues.

Vous abordez dans vos œuvres des thèmes durs, mais elles ne sont jamais dénuées d’espoir.

Il faut avoir le courage de la paix. Je pense que, dans notre travail d’artiste, c’est devenu de plus en plus important de trouver des moyens de travailler à la compréhension de l’autre, tout en dénonçant et en critiquant certaines situations. C’est vraiment différent d’être en contact direct. C’est une autre manière de s’informer, qui n’est pas des statistiques, des lectures, de grosses nouvelles.

Est-ce pour cette raison que vous avez changé le nom de votre collectif en 2001?

À l’époque, quand on s’appelait Action Terroriste Socialement Acceptable, il y avait un peu de romantisme révolutionnaire derrière tout ça. C’était vraiment conceptuel : on va exploser dans l’espace public, on va être fortement médiatisés, on va mettre la lumière sur une cause. Mais sans violence réelle. De là le « Socialement Acceptable ».

Avec les années, la médiatisation des actes terroristes, les amalgames par rapport à certains groupes de personnes, le terme « terroriste » a perdu de sa connotation, je dirais, un peu plus large. En plus, on a des œuvres, maintenant, qui vont à l’international, qui vont à la rencontre de populations dans des endroits où de tels événements arrivent souvent. Et ça devient un manque de respect.

On a donc recentré le nom du collectif sur l’art, sur notre slogan, qui existe depuis de nombreuses années déjà. Le but n’est pas de faire table rase. Au contraire! Mais le monde a changé. Et, aujourd’hui, on a encore plus besoin d’événements comme les nôtres sur la place publique, pour mettre les gens en lien, contrer la violence et les préjugés.

 

Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence, un événement de l’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action, du 16 au 19 novembre 2017, à la place Émilie-Gamelin, à Montréal. Pour toutes les informations : www.atsa.qc.ca

ENTREVUE AVEC QUENTIN BRUNO, CHANTEUR, DANSEUR ET COMÉDIEN

Texte : Karine Tessier

Lundi, en début de soirée, au Cabaret Café Cléopâtre. Le musicien montréalais Ian Baird est au piano, alors que les six artistes de la troupe travaillent une chanson du spectacle Naked Boys Singing, dont la première québécoise aura lieu deux jours plus tard, dans le cadre de Fierté Canada Montréal 2017.

Lorsqu’ils débarquent dans une ville pour y présenter leur comédie musicale, les chanteurs, danseurs et comédiens doivent faire de petits ajustements, s’adapter aux lieux, répéter avec le pianiste (un musicien local est choisi pour chaque arrêt de la tournée). Mais, cette fois, à Montréal, les choses se sont compliquées. Deux des membres du groupe ont dû s’absenter pour des raisons familiales et ont été remplacés, seulement 48 heures avant la première représentation devant le public.

« Je n’ai aucun souci, lance en souriant Quentin Bruno, un des interprètes du spectacle, en prenant place à nos côtés le temps d’une brève entrevue. On va travailler demain, on va travailler mercredi matin… Mercredi soir, on aura quelque chose de parfait pour les spectateurs de la métropole. »

Changement de costume

Le Franco-Américain de 27 ans, qui a étudié la danse et le théâtre musical autant aux États-Unis qu’en France, est un touche-à-tout. Il bosse sur les planches, à la télévision, comme mannequin, en plus d’être auteur-compositeur-interprète. Il fait partie de la bande de Naked Boys Singing depuis bientôt un an.

« J’avais déjà fait quelques performances nu, mais c’était des œuvres très contemporaines. Alors, c’était un peu différent, se souvient Quentin Bruno. Les premières fois devant un public, on se demande : oh, mon Dieu, pourquoi je fais ça? Il y a une petite appréhension. Pendant 15 secondes. Et, après, on réalise qu’on est là pour raconter une histoire, et on oublie. La nudité devient notre costume. On s’habitue. Parce que, en fait, on n’est pas dans l’intimité, on est sur une scène. C’est comme aller à une plage naturiste! »

Tous identiques

Si Naked Boys Singing est présenté sur la route depuis un an, il est à l’affiche Off-Broadway depuis 1999. D’abord une comédie, la revue musicale se veut également touchante et nostalgique.

Les six gars de la troupe ne ménagent pas les efforts pour faire rigoler les spectateurs, mais espèrent tout autant faire ressentir des choses à ceux qui viennent les voir. Au fil de la quinzaine de chansons qui composent la pièce, des histoires se développent, des relations naissent. On y parle de désir, d’amour, d’être soi-même.

« C’est vraiment une œuvre universelle, affirme Quentin Bruno. Notre public est, certes, homosexuel, mais on attire toutes sortes de monde. Parce que le but final, c’est de dire : quand on est nus, on est tous identiques. On a tous un corps, on est tous des êtres humains sensibles. »

Naked Boys Singing est-elle donc une création engagée? Le volubile interprète fait une pause, choisit ses mots. « Je ne sais pas si, en lui-même, le spectacle a un message engagé. Je pense que la période et le monde dans lesquels on vit font qu’il est peut-être plus engagé qu’il ne l’était auparavant. »

Pour Orlando

Si la revue présentée ces jours-ci à Montréal n’est pas d’emblée porteuse d’un message politique, elle est on ne peut plus symbolique pour les artistes qui l’interprètent, qui tous vivent ou ont travaillé à Orlando, en Floride, là où, en juin 2016, une fusillade a fait près d’une cinquantaine de morts au Pulse, une boîte de nuit populaire dans la communauté LGBTQ. Une attaque revendiquée par le groupe État islamique.

« C’est un peu un échange culturel commémoratif, explique Quentin Bruno. C’est une façon de ne pas oublier ce drame et aussi de sensibiliser les gens. Qu’il y ait eu des tragédies comme celles du Pulse ou du Bataclan, à Paris, où j’ai vécu, ne doit pas nous empêcher de sortir. Continuons à vivre, à grandir en tant que communauté humaine, à se rassembler, à aller au théâtre, à boire des coups, à voir des choses qui sont belles, à être touchés. Soyons humains. »

Naked Boys Singing, créé par Robert Schrock, mis en scène par Tim Evanicki et produit par Acts to Grind Theatre, est présenté du 16 au 20 août 2017 au Cabaret Café Cléopâtre de Montréal, dans le cadre de Fierté Canada Montréal 2017.

Pour toutes les informations : www.fiertemontrealpride.com/project/naked-boys-singing

Page Facebook officielle de la compagnie Acts to Grind Theater : www.facebook.com/actstogrind

Site Web officiel de Quentin Bruno : www.iamquentinbruno.com

 

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Texte : Karine Tessier

À l’occasion de la 27e édition du festival Présence autochtone, du 2 au 9 août 2017, les Montréalais et les touristes ont l’embarras du choix! De la musique, de la danse, du cinéma, des arts visuels, de la gastronomie, des conférences… Une tonne d’activités, dont plusieurs tout à fait gratuites, pour aller à la découverte des cultures des Premières Nations d’ici et d’ailleurs. L’occasion rêvée, en cette année du 375e anniversaire de la métropole, de tisser des liens d’amitié entre les communautés et d’embrasser les différences. Morceaux choisis d’une programmation à la fois engagée et festive.

Parmi les grands événements à ne pas rater, Nikamotan Mtl, un rendez-vous doux entre des auteurs-compositeurs-interprètes de la relève autochtone et des artistes bien connus de la scène musicale québécoise. Quatre duos qui vous offriront des pièces à deux et en solo : Natasha Kanapé-Fontaine et Random Recipe, Matiu et Dramatik, Esther Pennell et La Bronze, Laura Niquay et Sunny Duval (ancien membre des Breastfeeders). Le 4 août à la Place des Festivals.

 

Le lendemain, le rassemblement artistique et festif Nova Stella, qui célèbrera l’art d’être différents ensemble, enflammera la Place des Festivals dès l’heure du dîner. Le point culminant, en soirée, sera un grand spectacle musical qui réunira notamment sur scène Mamselle Ruiz, Karim Diouf, Pierre Kwenders, Jacques Jacobus (de Radio Radio), le groupe Sonido Pesao, Jenny Salgado, Loco Locass et Nomadic Massive.

Du 3 au 6 août, la Place des Festivals se métamorphose! Vous y retrouverez une maison longue et des tipis, des structures animalières lumineuses dans les fontaines, des spectacles, des courts métrages, de la création en direct par des artistes visuels, de la street food autochtone… Ça vaut le détour.

LUMIÈRES SUR L’EAU de Ariel St-Louis Lamoureux et Nicolas Lachapelle – BANDE ANNONCE from Les Films du 3 mars on Vimeo.

Pour ceux qui préfèrent l’ambiance feutrée des salles de cinéma, Présence autochtone a programmé des dizaines de courts, moyens et longs métrages, de fiction tout autant que documentaires. Parmi nos coups de cœur, le documentaire Lumières sur l’eau, d’Ariel St-Louis Lamoureux et Nicolas Lachapelle. Pendant un an, on y suit des enfants de Waswanipi, une communauté crie du Nord du Québec, aux multiples influences culturelles et en plein questionnement sur leur identité.

Two Soft Things, Two Hard Things (Official Trailer) from Mark Kenneth Woods on Vimeo.

Abordant aussi les thèmes de la jeunesse et de l’identité, Two Soft Things, Two Hard Things est un documentaire de Mark Kenneth Woods et Michael Yerxa sur la préparation d’un défilé LGBTQ au Nunavik, après 60 ans de colonisation durant lesquels, au nom de la religion, on a condamné le point de vue de la communauté innue sur la sexualité et la famille.

Les fans de musique se régaleront avec Rumble : the Indians Who Rocked the World, de Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana, un documentaire qui explore l’influence des musiciens des Premières Nations sur la musique pop en Amérique.

Tribal Justice Trailer from Makepeace Productions on Vimeo.

La cinéaste Anne Makepeace, de son côté, s’est penchée sur les tribunaux autochtones, axés sur des principes traditionnels de réparation et de guérison, plutôt que sur la justice punitive. Elle nous présente le fruit de ses recherches dans son documentaire Tribal Justice.

Du côté des arts visuels, on vous suggère d’aller admirer les créations de Carmen Hathaway, des pièces où se côtoient la culture traditionnelle et les nouvelles technologies. L’exposition From Smoke to Cyber Signals est présentée à l’Espace culturel Ashukan jusqu’au 1er septembre prochain.

Du côté de La Guilde, jusqu’au 19 août, vous pourrez découvrir les sculptures d’Abraham Anghik Ruben, un artiste inuvialuit qui s’inspire des mythes et des légendes des peuples nordiques. Dans Les Esprits se rencontrent : interactions Vikings-Inuits, chaque œuvre est accompagnée de son dessin préparatoire.

Et pour ceux qui ne pourront se rendre au festival cette année, vous pouvez toujours visionner, du 2 au 9 août, sur le site Web de l’événement deux documentaires sur les luttes de communautés pour préserver leur patrimoine face à la menace d’entreprises.

La 27e édition de Présence autochtone est présentée à Montréal du 2 au 9 août 2017. Pour tout savoir sur le festival : www.presenceautochtone.ca

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CRITIQUE DE LA PIÈCE LA VAGUE PARFAITE, DE GUILLAUME TREMBLAY ET OLIVIER MORIN, MISE EN SCÈNE PAR GUILLAUME TREMBLAY

Texte : Karine Tessier

En 2016, à l’affiche au Théâtre Espace Libre, puis au Théâtre Aux Écuries, La Vague parfaite avait cartonné. Présentée à guichet fermé dans les deux salles, la pièce avait ravi à la fois le public et les critiques. Le Théâtre du Futur complète cet été son tour du chapeau en présentant son opéra surf au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, dans le cadre des festivités entourant le 375e anniversaire de Montréal.

Photo : Toma Iczkovits.

Quelque part entre demain et dans 100 ans, sur l’île de Tahiti, une dizaine de jeunes athlétiques et bronzés coulent des jours heureux. Une existence de rêve faite de jus verts, de yoga, de surf et de polyamour. Mais leur vie n’est pas sans défi! En effet, les membres des deux clans, les Cools et les Wannabes, multiplient les efforts pour atteindre le sommet de la hiérarchie du groupe.

Les changements climatiques ayant déréglé la planète, on annonce l’arrivée prochaine d’un tsunami, que nos joyeux surfeurs considèrent comme la vague parfaite, sorte de Saint Graal pour les amateurs de planche. Ils y voient l’occasion idéale pour réaliser l’exploit d’une vie et, ainsi, atteindre le plus haut niveau de coolness.

Photo : Toma Iczkovits.

Lorsque le raz-de-marée déferle sur leur paradisiaque île du Pacifique, certains perdent la vie, alors que les autres trouvent refuge sur un radeau construit avec des planches de surf. Est-ce la fin de l’espoir pour ces demi-dieux, comme « un sandwich au beurre de peanuts de quelqu’un allergique au beurre de peanuts »? Ou trouveront-ils asile dans un autre pays ou même sur Tahi Slande 3D, une bulle en verre?

En 2012, le Théâtre du Futur nous avait offert sa première production, un opéra rock désopilant sur le controversé expert en marketing Clotaire Rapaille. Dès le départ, Guillaume Tremblay, Olivier Morin et l’auteur-compositeur-interprète Navet Confit ont choisi de créer des œuvres critiquant de façon acerbe la société dans laquelle nous vivons, le tout enrobé d’un humour aussi absurde que délicieux.

Photo : Toma Iczkovits.

La Vague parfaite ne fait pas exception. Dans ce délire irrévérencieux, on se moque allègrement de ces douchebags trop occupés à se regarder le nombril pour se préoccuper des autres habitants de leur île ou des conséquences des changements climatiques. On se paie la gueule de ceux qui misent tout sur l’apparence et la branchitude. Et on observe avec sarcasme une société qui voue un culte à la performance, tout en faisant l’apologie du mieux-être et de la relaxation. Une fable d’anticipation, certes, mais dans laquelle on se reconnaît tous au moins un petit peu.

Photo : Toma Iczkovits.

Derrière ce bordel hautement jouissif, se cache une démarche artistique aussi riche que rigoureuse. Les rôles principaux sont incarnés par des interprètes lyriques à la technique impeccable, qui chantent, en plusieurs langues, avec une intensité dramatique des textes déjantés, ponctués de « dudes » et de propositions grivoises. Le tout sur des mélodies complexes, magnifiques, jouées sur scène par le talentueux Philippe Prud’homme.

Photo : Toma Iczkovits.

À l’instar des opéras plus traditionnels, des surtitres sont projetés sur un écran, afin de traduire les chansons. Un procédé qui, entre les mains de ces comiques créateurs, ne sera qu’un moyen de plus de faire rigoler le public. Et ce n’est qu’une des références aux productions lyriques que l’on retrouve dans La Vague parfaite. Les auteurs du spectacle, se donnant comme mission de décloisonner l’opéra, s’en sont donné à cœur joie, comparant le sommeil des personnages sur le radeau « au deuxième acte à l’Opéra de Montréal » et projetant sur une planche de surf le visage de Marc Hervieux, qui surmonte un corps aux abdominaux d’acier.

Photo : Toma Iczkovits.

La dernière production du Théâtre du Futur propose au public montréalais le mélange idéal pour la saison d’été : un humour osé, des airs irrésistibles, des artistes de talent, ainsi qu’une réflexion pertinente sur les travers du monde dans lequel on vit. Si vous n’avez pas assisté à l’une des représentations de cette pièce en 2016, c’est votre chance. Allez, laissez-vous emporter par la vague!

La Vague parfaite, de Guillaume Tremblay et Olivier Morin, mise en scène par Guillaume Tremblay, est présentée les 20 et 21 juin, puis les 6, 7, 9 et 10 juillet, au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal.

Pour toutes les informations : www.theatredaujourdhui.qc.ca/vagueparfaite

 

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Texte : Karine Tessier

« Flower 5 », de la série Specimen, de Zachari Logan (2016).

Du 21 au 23 avril, l’Arsenal, Art contemporain, à Montréal, sera pris d’assaut par les amateurs d’art, collectionneurs, professionnels et les curieux dans le cadre de la 10e édition de Papier, la plus grande foire d’art contemporain au Québec. L’occasion idéale de découvrir le travail de 300 artistes, représentés par 39 galeries canadiennes, de débuter ou d’enrichir sa collection personnelle, et d’assister à des visites guidées et tables rondes.

À l’approche de cet événement festif, Fragments Urbains a posé quelques questions à trois galeristes de la métropole, pour en apprendre plus sur leur métier et avoir un avant-goût de ce qu’ils présenteront au public lors de Papier 17.

« Fusillade d’ivoire », de Laurence Vallières (2016).

Galerie Station 16

Entrevue avec Amanda Brownridge, directrice des communications et historienne d’art.

Depuis quand Galerie Station 16 participe-t-elle à la foire Papier?

Normalement, pour participer à des foires, une galerie doit exister depuis quelques années. Nous sommes présents à l’événement depuis deux ans, maintenant.

L’impact de Papier est-il facilement perceptible sur les affaires de votre galerie?

La foire permet de rejoindre un public différent de celui qu’on attire généralement. Elle nous permet d’exposer et d’être vus par des collectionneurs autant montréalais que du reste du Canada.

Pour beaucoup de visiteurs, c’est la première fois qu’ils entendent parler de notre travail. Certaines personnes sont étonnées de nous voir dans un tel événement. C’est un choc pour elles, mais un bon choc! D’ailleurs, l’an dernier, beaucoup de gens sont partis directement de Papier 16, dans le Vieux-Port, pour se rendre voir nos œuvres à la galerie, sur le boulevard Saint-Laurent.

Qu’allez-vous proposer aux amateurs d’art et aux curieux pour l’édition 2017?

Sera présenté le travail d’Alan Ganev (qui expose également à la galerie jusqu’au 6 mai 2017), de Jef Aérosol, de Laurence Vallières, de Mr. Brainwash, de Stikki Peaches et de Whatisadam.

Quelle place occupent les médias sociaux pour une galerie d’art contemporain en 2017?

Puisque nous sommes spécialisés en street art, nous sommes très actifs sur Instagram. Je suis toujours fascinée par le nombre de clients qu’on peut y trouver. Je dirais même qu’on entre dans une époque de post-street art, puisqu’il n’est même plus nécessaire de se déplacer pour admirer des œuvres! On peut le faire entièrement en surfant sur Internet!

Beaucoup de nos ventes se font aux États-Unis et en Europe, par le biais du Web. Nous utilisons même Facebook Live pour que nos fans à l’étranger puissent assister, à distance, à nos vernissages.

Galerie Station 16, fondée en 2008, est une galerie d’art urbain, présentant des œuvres influencées par la culture pop, le graffiti et le street art.

www.station16gallery.com

« Sans titre », de la série Hors-piste, de Normand Rajotte (2015).

Galerie Trois Points

Entrevue avec Marie-Christine Dubé, directrice adjointe.

Depuis quand la Galerie Trois Points participe-t-elle à la foire Papier?

Depuis la toute première édition. En 2007, le marché local a vécu un gros questionnement. On s’est demandé comment aller chercher de la visibilité et une nouvelle clientèle. Pour l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC), qui organise Papier, c’était un passage obligé pour Montréal et le milieu des arts visuels d’avoir leur propre foire d’art contemporain. Les grands pôles tiennent toujours ce genre d’événement incontournable.

L’impact de Papier est-il facilement perceptible sur les affaires de votre galerie?

Pour la Galerie Trois Points, la meilleure année a été 2016, en termes de chiffre de ventes. Près de 50 % des gens qui ont acquis de nos œuvres à la foire étaient de nouveaux clients.

Évidemment, c’est une foire commerciale. Les galeries y sont présentes pour vendre. Mais les transactions sont effectuées de façon plus décontractée, plus accessible. On peut y rejoindre un plus vaste auditoire, discuter avec les visiteurs. Souvent, les artistes y sont aussi présents.

Tout ça permet de briser cette espèce de facteur intimidant, qui peut empêcher certaines personnes de pousser les portes des galeries le reste de l’année. C’est une préoccupation de plus en plus pour les galeries, plus que les œuvres elles-mêmes et leur prix.

Qu’allez-vous proposer aux amateurs d’art et aux curieux pour l’édition 2017?

Les artistes que nous avons sélectionnés cette année sont Elmyna Bouchard, Sylvain Bouthillette, Evergon, Milutin Gubash, Anne-Renée Hotte, Mathieu Lévesque, Natalie Reis et Mario Côté.

Aussi, à chaque édition de Papier, nous essayons d’avoir un invité. Pour nous, c’est important. Une foire, c’est le prétexte idéal pour tester différents marchés. Cette année, il s’agit d’Olivia McGilchrist. D’ailleurs, dès le 6 juin, à la Galerie Trois Points, nous proposerons une exposition duo de Mario Côté et Olivier McGilchrist, à qui nous avons donné carte blanche.

Le comportement des acheteurs lors d’une foire est-il différent de celui de ceux qui visitent une galerie?

Complètement! Souvent, les visiteurs d’une foire ont prévu faire un achat. Ils se font un budget au préalable.

Le modèle des galeries est appelé à évoluer depuis une dizaine d’années. On repense les façons de faire les choses, de rejoindre les gens. On est de plus en plus dans l’instantanéité, les médias sociaux. À Papier 16, l’année dernière, nous avons même finalisé quelques transactions par messages textes!

Galerie Trois Points a été fondée en 1988 par trois amoureux des arts… d’où les « trois points ».

galerietroispoints.com

« For Whom You Build », de Mitch Mitchell, (2014 – en cours).

Galerie Robert Poulin

Entrevue avec Robert Poulin, propriétaire et sculpteur de formation.

Depuis quand votre galerie participe-t-elle à la foire Papier?

Nous y sommes depuis 2010. Pour moi, l’événement est essentiel! Il apporte à ma galerie de la visibilité et une nouvelle clientèle. Les gens se rendent de moins en moins dans les galeries. Si on ajoute le prix des loyers, les taxes, les problèmes de circulation, ça devient de plus en plus difficile.

Papier 16, l’an dernier, a été un succès pour nous en termes de ventes. Et le nombre de transactions est croissant d’année en année.

Qu’allez-vous proposer aux amateurs d’art et aux curieux pour l’édition 2017?

Je défends les œuvres que j’aime ou que j’achète personnellement. Les discours, les C.V., je n’y crois absolument pas! Ce qui m’intéresse, c’est le travail de la main.

Le public de Papier 17 pourra découvrir le travail de Daniel Erban, Adrian Williams, Balint Zsako, Marc Leduc, Osvaldo Ramirez-Castillo, Shaun Morin, Nathan Alexis Brown et Henriette Valium.

Galerie Robert Poulin est un espace dédié aux œuvres qui montrent une filiation avec l’art brut, underground, la bande dessinée et l’univers Lowbrow.

galerierobertpoulin.com

« The Goose Wife and Her Children », de Ningeokuluk Teevee (2015).

Papier 17, du 21 au 23 avril 2017 à l’Arsenal, Art contemporain, à Montréal.

Pour toutes les informations : papiermontreal.com

Pour en apprendre plus sur la foire Papier 17, ainsi que sa programmation, c’est ici.

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