Articles Tagués ‘Pierre Kwenders’

Texte : Karine Tessier

À l’occasion de la 27e édition du festival Présence autochtone, du 2 au 9 août 2017, les Montréalais et les touristes ont l’embarras du choix! De la musique, de la danse, du cinéma, des arts visuels, de la gastronomie, des conférences… Une tonne d’activités, dont plusieurs tout à fait gratuites, pour aller à la découverte des cultures des Premières Nations d’ici et d’ailleurs. L’occasion rêvée, en cette année du 375e anniversaire de la métropole, de tisser des liens d’amitié entre les communautés et d’embrasser les différences. Morceaux choisis d’une programmation à la fois engagée et festive.

Parmi les grands événements à ne pas rater, Nikamotan Mtl, un rendez-vous doux entre des auteurs-compositeurs-interprètes de la relève autochtone et des artistes bien connus de la scène musicale québécoise. Quatre duos qui vous offriront des pièces à deux et en solo : Natasha Kanapé-Fontaine et Random Recipe, Matiu et Dramatik, Esther Pennell et La Bronze, Laura Niquay et Sunny Duval (ancien membre des Breastfeeders). Le 4 août à la Place des Festivals.

 

Le lendemain, le rassemblement artistique et festif Nova Stella, qui célèbrera l’art d’être différents ensemble, enflammera la Place des Festivals dès l’heure du dîner. Le point culminant, en soirée, sera un grand spectacle musical qui réunira notamment sur scène Mamselle Ruiz, Karim Diouf, Pierre Kwenders, Jacques Jacobus (de Radio Radio), le groupe Sonido Pesao, Jenny Salgado, Loco Locass et Nomadic Massive.

Du 3 au 6 août, la Place des Festivals se métamorphose! Vous y retrouverez une maison longue et des tipis, des structures animalières lumineuses dans les fontaines, des spectacles, des courts métrages, de la création en direct par des artistes visuels, de la street food autochtone… Ça vaut le détour.

LUMIÈRES SUR L’EAU de Ariel St-Louis Lamoureux et Nicolas Lachapelle – BANDE ANNONCE from Les Films du 3 mars on Vimeo.

Pour ceux qui préfèrent l’ambiance feutrée des salles de cinéma, Présence autochtone a programmé des dizaines de courts, moyens et longs métrages, de fiction tout autant que documentaires. Parmi nos coups de cœur, le documentaire Lumières sur l’eau, d’Ariel St-Louis Lamoureux et Nicolas Lachapelle. Pendant un an, on y suit des enfants de Waswanipi, une communauté crie du Nord du Québec, aux multiples influences culturelles et en plein questionnement sur leur identité.

Two Soft Things, Two Hard Things (Official Trailer) from Mark Kenneth Woods on Vimeo.

Abordant aussi les thèmes de la jeunesse et de l’identité, Two Soft Things, Two Hard Things est un documentaire de Mark Kenneth Woods et Michael Yerxa sur la préparation d’un défilé LGBTQ au Nunavik, après 60 ans de colonisation durant lesquels, au nom de la religion, on a condamné le point de vue de la communauté innue sur la sexualité et la famille.

Les fans de musique se régaleront avec Rumble : the Indians Who Rocked the World, de Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana, un documentaire qui explore l’influence des musiciens des Premières Nations sur la musique pop en Amérique.

Tribal Justice Trailer from Makepeace Productions on Vimeo.

La cinéaste Anne Makepeace, de son côté, s’est penchée sur les tribunaux autochtones, axés sur des principes traditionnels de réparation et de guérison, plutôt que sur la justice punitive. Elle nous présente le fruit de ses recherches dans son documentaire Tribal Justice.

Du côté des arts visuels, on vous suggère d’aller admirer les créations de Carmen Hathaway, des pièces où se côtoient la culture traditionnelle et les nouvelles technologies. L’exposition From Smoke to Cyber Signals est présentée à l’Espace culturel Ashukan jusqu’au 1er septembre prochain.

Du côté de La Guilde, jusqu’au 19 août, vous pourrez découvrir les sculptures d’Abraham Anghik Ruben, un artiste inuvialuit qui s’inspire des mythes et des légendes des peuples nordiques. Dans Les Esprits se rencontrent : interactions Vikings-Inuits, chaque œuvre est accompagnée de son dessin préparatoire.

Et pour ceux qui ne pourront se rendre au festival cette année, vous pouvez toujours visionner, du 2 au 9 août, sur le site Web de l’événement deux documentaires sur les luttes de communautés pour préserver leur patrimoine face à la menace d’entreprises.

La 27e édition de Présence autochtone est présentée à Montréal du 2 au 9 août 2017. Pour tout savoir sur le festival : www.presenceautochtone.ca

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

Texte : Véronique Bonacorsi

Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Quelques semaines avant l’ADISQ, la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique s’est réunie pour célébrer les succès de ses membres. Pas moins de 45 trophées ont été remis le soir du 12 septembre, au Métropolis de Montréal, à une sélection d’artisans contribuant à la musique au pays. Une grande réunion de famille pas trop formelle où tous les invités sont gagnants.

Ariane Moffatt, auteure-compositrice de l'année. Photo : Benoît Rousseau.

Ariane Moffatt, auteure-compositrice de l’année. Photo : Benoît Rousseau.

Dix Prix Chansons populaires (francophones) ont été décernés. Parmi eux, Ariane Moffatt pour Debout, qui, pour reprendre les mots de l’artiste, n’est pas une chanson portant sur sa personne seule qui « se roule dans sa shit », mais plutôt sur la ténacité du couple. Moffatt a aussi été sacrée Auteure-compositrice de l’année, un accomplissement que la chanteuse attribue à sa virée pop.

Jean Leloup. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Jean Leloup. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Paradis City de Jean Leloup, favorite incontestée des radios, s’est mérité le même honneur, tout comme L’Amour est un monstre par les hommes de Valaire et Karim Ouellet, qui ont envahi la scène pour accepter leur prix et se lancer dans une prestation improvisée de Dégénération, un peu au désarroi de l’animateur de la soirée, le chanteur Stéphane Archambault de Mes Aïeux, qui tenait à ce l’on maintienne un certain décorum… Son appel ne semble pas avoir été entendu par les contributeurs de Fanny venus récolter leur trophée, Alex Nevsky et Yann Perreau, responsable de la mise en scène du gala, qui se sont mis à se relancer des obscénités à la blague.

High Klassified est reparti avec le Prix Musique électronique. Photo : Benoît Rousseau.

High Klassified est reparti avec le Prix Musique électronique. Photo : Benoît Rousseau.

 

Le chanteur Wesli, qui s'est vu remettre le Prix Hagood Hardy, dans la catégorie musique du monde. Photo : Benoît Rousseau.

Le chanteur Wesli, qui s’est vu remettre le Prix Hagood Hardy, dans la catégorie musique du monde. Photo : Benoît Rousseau.

Pour leurs prouesses à l’étranger, Coeur de Pirate et Grimes ont partagé le Prix international, dont les remerciements préenregistrés ont été relayés par vidéo. Carry On (Oublie-moi) de Coeur de Pirate s’est aussi valu un Prix Chanson populaire.

Le groupe Loud Lary Ajust a remporté le prix Musique urbaine. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Le groupe Loud Lary Ajust a remporté le Prix Musique urbaine. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

La SOCAN a récompensé plusieurs productions audiovisuelles : 30 vies, 19-2, Salmigondis, Food Factory en font partie, ainsi que Eduardo Noya Schreus pour le film Mommy. « Wow! Je savais pas que mon accent était si fort! », s’est exclamé le compositeur d’origine péruvienne en montant sur scène après la vidéo d’introduction où il expliquait son travail.

Le gagnant de "La Voix" Yoan a reçu le Prix Musique country. Photo : Benoît Rousseau.

Le gagnant de « La Voix » Yoan a reçu le Prix Musique country. Photo : Benoît Rousseau.

Un nouveau prix cette année, celui de l’éditeur de l’année, a été remis à Ho-Tune. Comme l’a rappelé la chef des affaires au Québec pour la SOCAN, Geneviève Côté, l’édition de la musique, ou tout ce qui touche à sa gestion, est souvent un rôle oublié, mais il s’avère essentiel à la survie des artistes.

Safia Nolin, lauréate du Prix Révélation. Photo : Benoît Rousseau.

Safia Nolin, lauréate du Prix Révélation. Photo : Benoît Rousseau.

Sur le thème de la nouveauté, Safia Nolin, qui a remporté le Prix Révélation pour 2016, a adorablement entamé son discours : « Allô, c’est gênant. J’ai envie de pipi », avant de lire les notes écrites sur sa main. Du côté des vétérans, Alain Chartrand s’est valu un Prix Hommage – et une chaude ovation! – pour son implication dans le festival Coup de cœur francophone.

Loud Lary Ajust, Klô Pelgag et Pierre Kwenders. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Loud Lary Ajust, Klô Pelgag et Pierre Kwenders. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Bien sûr, un gala sans performances musicales ne serait sans doute pas un gala réussi. De ce côté, le public a été assez choyé. La première prestation de la soirée réunissait Klô Pelgag, Pierre Kwenders et Loud Lary Ajust pour une intéressante reprise de Le Début d’un temps nouveau de Stéphane Venne, récipiendaire du Prix Empreinte culturelle. Dans ses remerciements, Venne a souligné qu’il avait écrit cette chanson il y a 46 ans, afin de documenter, en quelque sorte, la vie en 1970. « Écrivez pour la personne qui écoute », a-t-il conseillé à ses pairs aspirant à la longévité.

Le Prix Empreinte culturelle a été remis à Stéphane Venne. Photo : Benoît Rousseau.

Le Prix Empreinte culturelle a été remis à Stéphane Venne. Photo : Benoît Rousseau.

Roch Voisine a demandé au public de l’accompagner pour le refrain de Ma Mère chantait toujours, honorant le Classique de la SOCAN composé par Luc Plamondon et François Cousineau. Rigolant, Plamondon n’a pu s’empêcher de noter : « Ils me donnent la même photo depuis 20 ans! », désignant l’image ornant son trophée. Mais lorsqu’il est retourné sur scène pour Piaf chanterait du rock, un autre Classique, son message se voulait plus sérieux. Il accuse les radiodiffuseurs et télédiffuseurs d’ici de ne pas donner une assez grande place à la francophonie au profit des œuvres anglophones.

Éric Lapointe. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Éric Lapointe. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Un medley des désormais Classiques d’Éric Lapointe a été interprété : Fanny Bloom a démontré sa puissance vocale sur Terre promise (poussé par le vent), Matt Holubowski a fait ressortir la douce douleur de N’importe quoi,  et King Melrose a su donner du groove à Marie Stone. Preuve de la popularité de l’artiste, lorsque Lapointe s’est levé pour récupérer ses honneurs, toute la salle s’est mise à chanter N’importe quoi.

Richard Séguin. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Richard Séguin. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Un moment attendu de ce gala était l’hommage rendu à Richard Séguin, lauréat du Prix Excellence. Se sont joints Patrice Michaud, Elisapie Isaac, Luce Dufault, Coral Egan et Pierre Flynn pour une performance des grands succès de l’artiste, devant un montage photo de ce dernier. Le prix a été remis à Séguin par son ami Gilles Valiquette, membre du conseil d’administration de la SOCAN. L’homme a livré un discours parfois humoristique (« Un 45 tours, c’est comme un MP3 en plastique », a-t-il expliqué à la relève), mais aussi inspirant. Son travail prend tout son sens si des gens parviennent à y trouver des repères émotifs.

L'animateur de la soirée Stéphane Archambault pendant l'hommage rendu à la formation Les Colocs. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

L’animateur de la soirée Stéphane Archambault pendant l’hommage rendu à la formation Les Colocs. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

L’hommage rendu aux Colocs, dont cinq chansons se sont vu décerner le titre de Classique de la SOCAN, constituait un autre moment fort de la célébration. Avec un plaisir apparent, Stéphane Archambault lui-même a lancé le pot-pourri, suivi de Jonathan Painchaud – qui a prouvé les talents d’élocution de Dédé Fortin en s’enfargeant dans sa langue –, Philippe Brach, 2Frères et Alexe Gaudreault. Puis, les coauteurs de Juste une p’tite nuite ont témoigné du pouvoir catalyseur de leur défunt leader, rendu immortel grâce à l’organisme hôte. Réal et Sylvie Fortin, frère et sœur du chanteur, ont déploré l’absence de ce dernier, qui n’a pas eu la chance de monter sur cette scène, contrairement à tous les autres dans la salle. La sœur de Dédé a demandé aux gens de chercher de l’aide s’ils avaient des idées suicidaires. C’est sur cette note sombre que s’est terminée la soirée… avant que l’animateur invite tout le monde au buffet de burgers, grilled cheese et poutine bien arrosés!

Pour connaître tous les récipiendaires du Gala de la SOCAN 2016 et en savoir plus sur l’organisme : www.socan.ca/fr