Archives de la catégorie ‘Musique’

Texte : Karine Tessier

L’affiche de la 34e édition de Vues d’Afrique, une oeuvre de Mucyo, artiste lauréat du concours d’illustration 2018.

La 34e édition du Festival international de cinéma Vues d’Afrique bat son plein à Montréal du 13 au 22 avril 2018. Le plus grand événement du genre consacré au continent africain et à sa diaspora propose aux cinéphiles 88 films de 33 pays, mais également des concerts, des découvertes gastronomiques, des expositions d’arts. Incursion dans la programmation de cette célébration incontournable de la diversité.

Vous appréciez les courts et longs métrages africains, mais admettez en connaître bien peu sur l’industrie cinématographique de ce continent? Trois documentaires vous permettront d’en comprendre les rouages. Dans Écran à fric, écran magique, de Cédric Souaille, projeté en première mondiale, on s’interroge sur le phénomène Nollywood, la prolifique industrie du cinéma nigériane. Dans Destin commun, hommage à trois éclaireurs du septième art, de Stéphane Vieyra, on s’intéresse à l’histoire du cinéma africain, à travers le parcours de trois de ses pionniers : Jean Rouch, Paulin Soumanou Vieyra et Ousmane Sembène. Finalement, dans Tahar Chériaa, à l’ombre du baobab, de Mohamed Challouf, on dresse le portrait du père du panafricanisme cinématographique. Soulignons qu’une exposition sur le cinéaste-ethnologue Jean Rouch est en plus présentée à la Cinémathèque québécoise pendant le festival.

Du côté de la fiction, vous devez voir la comédie parisienne La Vie de château, de Modi Barry et Cédric Ido. Vous y suivrez l’élégant Charles, chef d’un groupe de rabatteurs embauchés par des salons de coiffure afro pour attirer de nouveaux clients, qui rêve de lancer son propre commerce.

Si vous préférez les drames, I Am Not a Witch, de Rungano Nyoni, est un must. On y raconte l’histoire bouleversante d’une fillette de neuf ans accusée de sorcellerie par les habitants de son village et envoyée dans un camp de sorcières.

Les plus petits et les plus grands apprécieront le film d’animation camerounais Minga et la cuillère cassée, de Claye Edou. Minga, c’est une jeune orpheline qui vit chez une femme acariâtre.

Passionnés d’arts engagés, on vous propose le documentaire Burkinabè Rising, l’art de la résistance au Burkina Faso, d’Iara Lee. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, une communauté d’artistes et de citoyens résiste et demande des changements politiques, de façon pacifique.

Dans Aziz’Inanga, éclipse du clair de lune, d’Alice Aterianus-Owanga, projeté en première internationale, on dresse le portrait de cette influente chanteuse, qui mêlait rythmes traditionnels, jazz et pop. Celle qui a connu la gloire des années 1970 à 1990 est disparue de la scène musicale de façon brutale il y a 20 ans, un mystère que la documentariste tente de percer.

Profitez de votre passage au festival pour vous détendre au Baobar, situé à la Cinémathèque québécoise. Pendant la durée des festivités, vous y trouverez des traiteurs haïtien et africain, des spectacles de musique, ainsi qu’une sélection de courts métrages de réalité virtuelle. Ces films vous plongeront, entre autres, dans un festival d’arts de rue au Ghana et une zone de guerre du Sud-Soudan.

Vues d’Afrique, c’est aussi le Rallye-Expos, un parcours d’arts visuels à découvrir gratuitement un peu partout dans la métropole jusqu’au 30 juin prochain. Ce mois-ci, il vous sera notamment possible de visiter une exposition photo au Consulat général d’Égypte et d’apprécier le talent de photographe du rappeur Samian à La TOHU.

Pour toutes les informations sur le Festival international de cinéma Vues d’Afrique et sa programmation, rendez-vous au : www.vuesdafrique.com

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Texte : Karine Tessier

Après un long, très long hiver, pourquoi ne pas célébrer l’arrivée des beaux jours à l’un des plus grands festivals d’érable gratuits de la province? Du 22 au 25 mars 2018, plus de 80 000 personnes sont attendues à la huitième édition de la Cabane Panache et Bois rond, sur la Promenade Wellington, à Verdun. Une tonne d’activités et de spectacles gratuits, du shopping, des cocktails et des bouchées à petit prix… De quoi vous tenir bien au chaud et occupés pendant ce premier week-end printanier! Suivez le guide!

Premier arrêt, évidemment, la bouffe! Une quinzaine de restaurateurs de l’arrondissement revisiteront les plats traditionnels de la cabane à sucre. Une cinquantaine de bouchées vous raviront les papilles, pour aussi peu que 2 ou 4 $. Une belle façon de découvrir des endroits comme le Blackstrap BBQ, la Boulangerie rustique Sweet Lee’s, le Restaurant Les Street Monkeys ou Les Îles en ville.

Pour faire descendre le tout, les bars du quartier vous serviront des cocktails préparés spécialement pour l’événement, vendus entre 2 et 6 $. On a hâte de tremper nos lèvres dans les recettes du Balconville, de la Taverne irlandaise Le Trèfle, du Bar Palco et du Bal Maltéhops. Aussi, vous pourrez déguster gratuitement les whiskys canadiens Crown Royal sur place.

Avant d’aller applaudir les musiciens en prestation au festival, faites vos emplettes au Magasin général, où vous attendront les créations de 18 artisans d’ici, des desserts aux tricots, en passant par des savons, des thés, des boissons alcoolisées et des jouets en bois.

Photo : Caroline Perron.

Sur les scènes de Cabane Panache et Bois rond, de la musique traditionnelle, bien entendu, mais aussi des rythmes folk, rock, hip-hop. À ne pas rater, le spectacle en formule homme-orchestre de Fred Fortin, qui reprendra des chansons de chacun de ses albums en version minimaliste.

Un coup de foudre assuré pour l’auteure-compositrice-interprète Sara Dufour, qui raconte ses drôles d’histoires sur des mélodies bluegrass irrésistibles.

Et les amateurs de hip-hop seront comblés par les beats vitaminés de Rednext Level et le rap engagé du toujours solide KNLO.

Pour compléter la programmation de cette fin de semaine des sucres endiablée, une multitude d’activités gratuites vous seront offertes. Vous pourrez écouter des contes et légendes, voir le documentaire Le Goût d’un pays de Francis Legault, mettant en vedette Fred Pellerin et Gilles Vigneault, vous essayer à la sculpture sur bois et au lancer de la hache, et faire connaissance avec des alpagas, des canards et des ânes miniatures.

Le printemps dans la métropole est lancé dans 3, 2, 1…

Pour toutes les informations sur Cabane Panache et Bois rond : www.promenadewellington.com/fr/evenement/cabane-a-sucre-montreal

Texte : Karine Tessier

Pour une 24e année, le festival Noël dans le parc convie les Montréalais à festoyer dans trois lieux de la ville, du 1er au 25 décembre. Plus de 100 spectacles et activités sont offerts gratuitement à la population à la place Émilie-Gamelin du Quartier des spectacles, ainsi qu’aux parcs des Compagnons-de-Saint-Laurent et Lahaie, tous deux situés sur le Plateau Mont-Royal.

On ne saurait résister aux attraits de cet événement, devenu au fil des ans un classique du temps des Fêtes dans la métropole. Pour l’occasion, les parcs participants sont transformés en villages féeriques, parsemés de cabanes de bois rond, où fleurent bon les sapins et les feux de joie. Sur l’un ou l’autre des sites, vous pourrez vous asseoir sur les balançoires, faire connaissance avec les moutons dans leur enclos, déguster saucisses, bières de microbrasserie, vin chaud épicé et chocolat chaud. Vous pourrez également y apprécier les performances d’artistes de cirque et de marionnettistes, en plus de remettre votre liste de cadeaux au père Noël (si vous avez été bien sage cette année, il va sans dire).

Photo : Emmanuel Crombez.

Vous êtes épris de traditions? On vous propose d’écouter des contes de Noël lors d’une promenade en carriole sur l’avenue du Mont-Royal ou encore de vous joindre aux participants de la Marche des flambeaux, qui aura lieu le 9 décembre.

Du côté de la programmation musicale, encore cette année, on frappe dans le mille! Le coup d’envoi sera donné, le 1er décembre, par la porte-parole de Noël dans le parc, l’auteure-compositeure-interprète Mara Tremblay, qui vient de lancer son tout nouvel album, Cassiopée. La sensible artiste est bien connue pour sa poésie d’une grande beauté, couchée sur des mélodies tantôt folk, tantôt ponctuées de guitares décapantes.

Tout de suite après, montera sur scène la géniale La Bronze, dont le deuxième album Les Corps infinis nous a totalement séduits. Impossible de ne pas être touché par cette charismatique auteure-compositeure-interprète et ses pièces pop, qui flirtent avec l’électro autant qu’avec le rock.

En fin de soirée, la groovy formation Valaire vous fera danser avec ses rythmes funk, soul et électro.

Le 9 décembre, si ce n’est déjà fait, découvrez la jeune artiste Désirée, que plusieurs ont connue lors de sa participation à La Voix. L’an prochain, elle lancera son premier album. D’ici là, elle livrera au public montréalais un amalgame de reprises et de pièces originales, chantées de sa voix un peu rauque, reconnaissable d’entre toutes.

Les amateurs de poésie ne seront pas en reste! En effet, le festival a programmé trois soirées réunissant sur scène des dizaines d’artistes, les 6, 16 et 20 décembre. S’ajoute à ces spectacles la performance de la reine du spoken word, Queen KA, le 13 décembre.

Le 15 décembre, c’est l’incontournable Louis-Jean Cormier qui sera sur les planches de l’événement, seul avec sa guitare. Attention coup de cœur!

Le lendemain, le 16 décembre, vous nous croiserez assurément au concert de KROY, la moitié du duo Milk & Bone. Son album Scavenger, qui joue en boucle dans nos écouteurs depuis sa sortie, l’an dernier, offre une électro pop planante aux arrangements riches, qui rappelle par moments Portishead ou Massive Attack.

Le même soir, faites le plein de hip-hop! D’abord, avec la performance du D.J. et auteur-compositeur-interprète Shash’U, qui a notamment collaboré avec Rihanna, Chromeo et Kaytranada. Le Montréalais s’est fait connaître de plusieurs mélomanes grâce à son association, il y a quelques années, au mouvement électro-hip-hop Piu Piu. Il sera suivi sur scène par Lary Kidd, anciennement de la formation Loud Lary Ajust, dont le premier album solo a ravi critiques et public. Sur des rythmes lourds, le rappeur s’exprime sur le succès, la mode et les clichés qu’on associe à la scène hip-hop.

Si vous avez envie de décorer votre salon pour les Fêtes avec un sapin naturel, sachez que vous pourrez vous en procurer un dans l’un des trois parcs où sera présenté le festival, ainsi que sur son site Internet. Votre achat, en plus d’enjoliver votre demeure, aidera grandement au financement de l’événement.

Le site Web officiel de Noël dans le parc, pour acheter un sapin ou pour toutes les infos : noeldansleparc.com

Texte : Karine Tessier

Le collectif d’art engagé ATSA, Quand l’Art passe à l’Action présente, du 16 au 19 novembre, un événement de mobilisation citoyenne et artistique pour contrer les paradis fiscaux et les iniquités qui en résultent. Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence propose, à la place Émilie-Gamelin de Montréal, des activités artistiques, d’information et d’échange.

Ce rassemblement vient clore une année 2017 chargée pour le groupe, qui fête cette année son 20e anniversaire. Au printemps dernier, il nous avait conviés à l’imposant Cuisine ta Ville, sur l’esplanade de la Place des Arts, dans la métropole. Puis, ATSA, Quand l’Art passe à l’Action est parti en tournée avec sa bien connue activité Le Temps d’une Soupe dans plusieurs arrondissements montréalais, ainsi qu’à Vancouver, en France, au Royaume-Uni et en Autriche.

Un an après le scandale des Panama Papers, et quelques jours à peine après les révélations sur les Paradise Papers, le sujet de l’évasion fiscale défraie les manchettes plus que jamais. On peut dire que Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence arrive à point. Les cofondateurs d’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action, Annie Roy et Pierre Allard, travaillent depuis quatre ans à cet événement, qui vise à informer, dénoncer, mais également à réfléchir à des solutions pour éradiquer les inégalités. Parce que, si les thèmes abordés par le collectif sont durs, ses créations ne sont jamais dénuées d’espoir.

Photo : page Facebook de ATSA, Quand l’Art passe à l’Action.

La programmation

Pour lancer les activités, le 16 novembre, le Radis Fiscal, un objet insatiable qui bouffe tout ce qui l’entoure, sera démoli sur la place publique. La destruction de cette piñata géante servira de défouloir, tout en étant le symbole d’une libération des « petits » face à une élite vorace, qui cherche constamment à accroître son pouvoir et ses gains matériels.

Puis, pendant quatre jours, la population aura l’embarras du choix : conférences, kiosques d’information, projection de documentaires, prestations musicales, performances, expositions, activité Le Temps d’une Soupe… Le tout présenté gratuitement, à l’extérieur et sous des chapiteaux chauffés.

Photo : page Facebook de ATSA, Quand l’Art passe à l’Action.

Pour ceux qui n’auraient jamais participé au Temps d’une Soupe, il s’agit d’une rencontre entre deux personnes qui ne se connaissent pas, qui discutent d’un thème (cette fois-ci, les paradis fiscaux) en dégustant un bol de soupe fumante préparée par les restaurants Soupesoup. Avant de se dire au revoir, les participants prennent la pose, des portraits qui s’ajouteront aux 2 033 photos réalisées ici comme à l’étranger.

Vous aimeriez participer à la création d’une œuvre d’art visuel? Le génial Émmanuel Laflamme invite la population à construire avec lui un grand château de cartes de crédit. De son côté, avec Cartographie sociale, Emmanuelle Jacques poursuit sa fascinante démarche sur l’espace. Vous pourrez, à l’aide des estampes et cartes créées par l’artiste, décrire vos trajets quotidiens, vos endroits préférés ou, au contraire, ceux que vous évitez.

Si vous n’avez jamais assisté à la pièce Hidden Paradise, d’Alix Dufresne et Marc Béland, voilà votre chance de voir une répétition bonifiée de l’œuvre inspirée d’une entrevue donnée par le philosophie Alain Deneault (qui participe également à Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence) sur les évasions fiscales.

Pour les mélomanes, les concerts du rappeur Emrical et du musicien Doctor Nativo, qui mélange habilement reggae, hip-hop, cumbia et musique traditionnelle maya, sont à inscrire à l’agenda.

Vues de la rue. Photo : Mikaël Theimer.

À voir aussi, l’exposition de photos Vues de la rue réelle, le regard que portent sur la métropole des personnes en situation d’itinérance ou à risque, en collaboration avec le photographe Mikaël Theimer.

Et, si vous avez envie de vous engager, sachez que les organisateurs sont toujours à la recherche de bénévoles!

Annie Roy et Pierre Allard, cofondateurs d’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action. Photo : Jean-François Lamoureux.

3 questions à Annie Roy, cofondatrice d’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action

Au printemps dernier, quelques jours avant l’événement Cuisine ta Ville, nous nous étions entretenus avec l’artiste. Morceaux choisis de cette rencontre avec une femme passionnée, jamais à court d’idées pour changer le monde.

ATSA, Quand l’Art passe à l’Action a 20 ans cette année, en 2017. Comment arrive-t-on à se renouveler constamment après tant d’années?

Pour nous, à chaque fois qu’on crée, c’est la découverte d’un nouveau monde. C’est ça qui est extraordinaire de notre travail. Il y a une thématique qui prend forme. Et on va faire une sorte d’architecture sociale autour de ça, un événement qui va nous fusionner, nous mettre ensemble, nous faire vivre quelque chose d’extraordinaire, on l’espère, et qui va briser aussi des exclusions. Quand on est dans la rue et qu’on invite du monde de partout, on surprend les gens, on les sort de leur zone de confort. Ça les fait aller vers l’autre différemment. On brise des idées préconçues.

Vous abordez dans vos œuvres des thèmes durs, mais elles ne sont jamais dénuées d’espoir.

Il faut avoir le courage de la paix. Je pense que, dans notre travail d’artiste, c’est devenu de plus en plus important de trouver des moyens de travailler à la compréhension de l’autre, tout en dénonçant et en critiquant certaines situations. C’est vraiment différent d’être en contact direct. C’est une autre manière de s’informer, qui n’est pas des statistiques, des lectures, de grosses nouvelles.

Est-ce pour cette raison que vous avez changé le nom de votre collectif en 2001?

À l’époque, quand on s’appelait Action Terroriste Socialement Acceptable, il y avait un peu de romantisme révolutionnaire derrière tout ça. C’était vraiment conceptuel : on va exploser dans l’espace public, on va être fortement médiatisés, on va mettre la lumière sur une cause. Mais sans violence réelle. De là le « Socialement Acceptable ».

Avec les années, la médiatisation des actes terroristes, les amalgames par rapport à certains groupes de personnes, le terme « terroriste » a perdu de sa connotation, je dirais, un peu plus large. En plus, on a des œuvres, maintenant, qui vont à l’international, qui vont à la rencontre de populations dans des endroits où de tels événements arrivent souvent. Et ça devient un manque de respect.

On a donc recentré le nom du collectif sur l’art, sur notre slogan, qui existe depuis de nombreuses années déjà. Le but n’est pas de faire table rase. Au contraire! Mais le monde a changé. Et, aujourd’hui, on a encore plus besoin d’événements comme les nôtres sur la place publique, pour mettre les gens en lien, contrer la violence et les préjugés.

 

Pas d’Radis Fiscaux : l’État d’Urgence, un événement de l’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action, du 16 au 19 novembre 2017, à la place Émilie-Gamelin, à Montréal. Pour toutes les informations : www.atsa.qc.ca

Texte : Karine Tessier

À l’occasion de la 27e édition du festival Présence autochtone, du 2 au 9 août 2017, les Montréalais et les touristes ont l’embarras du choix! De la musique, de la danse, du cinéma, des arts visuels, de la gastronomie, des conférences… Une tonne d’activités, dont plusieurs tout à fait gratuites, pour aller à la découverte des cultures des Premières Nations d’ici et d’ailleurs. L’occasion rêvée, en cette année du 375e anniversaire de la métropole, de tisser des liens d’amitié entre les communautés et d’embrasser les différences. Morceaux choisis d’une programmation à la fois engagée et festive.

Parmi les grands événements à ne pas rater, Nikamotan Mtl, un rendez-vous doux entre des auteurs-compositeurs-interprètes de la relève autochtone et des artistes bien connus de la scène musicale québécoise. Quatre duos qui vous offriront des pièces à deux et en solo : Natasha Kanapé-Fontaine et Random Recipe, Matiu et Dramatik, Esther Pennell et La Bronze, Laura Niquay et Sunny Duval (ancien membre des Breastfeeders). Le 4 août à la Place des Festivals.

 

Le lendemain, le rassemblement artistique et festif Nova Stella, qui célèbrera l’art d’être différents ensemble, enflammera la Place des Festivals dès l’heure du dîner. Le point culminant, en soirée, sera un grand spectacle musical qui réunira notamment sur scène Mamselle Ruiz, Karim Diouf, Pierre Kwenders, Jacques Jacobus (de Radio Radio), le groupe Sonido Pesao, Jenny Salgado, Loco Locass et Nomadic Massive.

Du 3 au 6 août, la Place des Festivals se métamorphose! Vous y retrouverez une maison longue et des tipis, des structures animalières lumineuses dans les fontaines, des spectacles, des courts métrages, de la création en direct par des artistes visuels, de la street food autochtone… Ça vaut le détour.

LUMIÈRES SUR L’EAU de Ariel St-Louis Lamoureux et Nicolas Lachapelle – BANDE ANNONCE from Les Films du 3 mars on Vimeo.

Pour ceux qui préfèrent l’ambiance feutrée des salles de cinéma, Présence autochtone a programmé des dizaines de courts, moyens et longs métrages, de fiction tout autant que documentaires. Parmi nos coups de cœur, le documentaire Lumières sur l’eau, d’Ariel St-Louis Lamoureux et Nicolas Lachapelle. Pendant un an, on y suit des enfants de Waswanipi, une communauté crie du Nord du Québec, aux multiples influences culturelles et en plein questionnement sur leur identité.

Two Soft Things, Two Hard Things (Official Trailer) from Mark Kenneth Woods on Vimeo.

Abordant aussi les thèmes de la jeunesse et de l’identité, Two Soft Things, Two Hard Things est un documentaire de Mark Kenneth Woods et Michael Yerxa sur la préparation d’un défilé LGBTQ au Nunavik, après 60 ans de colonisation durant lesquels, au nom de la religion, on a condamné le point de vue de la communauté innue sur la sexualité et la famille.

Les fans de musique se régaleront avec Rumble : the Indians Who Rocked the World, de Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana, un documentaire qui explore l’influence des musiciens des Premières Nations sur la musique pop en Amérique.

Tribal Justice Trailer from Makepeace Productions on Vimeo.

La cinéaste Anne Makepeace, de son côté, s’est penchée sur les tribunaux autochtones, axés sur des principes traditionnels de réparation et de guérison, plutôt que sur la justice punitive. Elle nous présente le fruit de ses recherches dans son documentaire Tribal Justice.

Du côté des arts visuels, on vous suggère d’aller admirer les créations de Carmen Hathaway, des pièces où se côtoient la culture traditionnelle et les nouvelles technologies. L’exposition From Smoke to Cyber Signals est présentée à l’Espace culturel Ashukan jusqu’au 1er septembre prochain.

Du côté de La Guilde, jusqu’au 19 août, vous pourrez découvrir les sculptures d’Abraham Anghik Ruben, un artiste inuvialuit qui s’inspire des mythes et des légendes des peuples nordiques. Dans Les Esprits se rencontrent : interactions Vikings-Inuits, chaque œuvre est accompagnée de son dessin préparatoire.

Et pour ceux qui ne pourront se rendre au festival cette année, vous pouvez toujours visionner, du 2 au 9 août, sur le site Web de l’événement deux documentaires sur les luttes de communautés pour préserver leur patrimoine face à la menace d’entreprises.

La 27e édition de Présence autochtone est présentée à Montréal du 2 au 9 août 2017. Pour tout savoir sur le festival : www.presenceautochtone.ca

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CRITIQUE DE LA PIÈCE LA VAGUE PARFAITE, DE GUILLAUME TREMBLAY ET OLIVIER MORIN, MISE EN SCÈNE PAR GUILLAUME TREMBLAY

Texte : Karine Tessier

En 2016, à l’affiche au Théâtre Espace Libre, puis au Théâtre Aux Écuries, La Vague parfaite avait cartonné. Présentée à guichet fermé dans les deux salles, la pièce avait ravi à la fois le public et les critiques. Le Théâtre du Futur complète cet été son tour du chapeau en présentant son opéra surf au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, dans le cadre des festivités entourant le 375e anniversaire de Montréal.

Photo : Toma Iczkovits.

Quelque part entre demain et dans 100 ans, sur l’île de Tahiti, une dizaine de jeunes athlétiques et bronzés coulent des jours heureux. Une existence de rêve faite de jus verts, de yoga, de surf et de polyamour. Mais leur vie n’est pas sans défi! En effet, les membres des deux clans, les Cools et les Wannabes, multiplient les efforts pour atteindre le sommet de la hiérarchie du groupe.

Les changements climatiques ayant déréglé la planète, on annonce l’arrivée prochaine d’un tsunami, que nos joyeux surfeurs considèrent comme la vague parfaite, sorte de Saint Graal pour les amateurs de planche. Ils y voient l’occasion idéale pour réaliser l’exploit d’une vie et, ainsi, atteindre le plus haut niveau de coolness.

Photo : Toma Iczkovits.

Lorsque le raz-de-marée déferle sur leur paradisiaque île du Pacifique, certains perdent la vie, alors que les autres trouvent refuge sur un radeau construit avec des planches de surf. Est-ce la fin de l’espoir pour ces demi-dieux, comme « un sandwich au beurre de peanuts de quelqu’un allergique au beurre de peanuts »? Ou trouveront-ils asile dans un autre pays ou même sur Tahi Slande 3D, une bulle en verre?

En 2012, le Théâtre du Futur nous avait offert sa première production, un opéra rock désopilant sur le controversé expert en marketing Clotaire Rapaille. Dès le départ, Guillaume Tremblay, Olivier Morin et l’auteur-compositeur-interprète Navet Confit ont choisi de créer des œuvres critiquant de façon acerbe la société dans laquelle nous vivons, le tout enrobé d’un humour aussi absurde que délicieux.

Photo : Toma Iczkovits.

La Vague parfaite ne fait pas exception. Dans ce délire irrévérencieux, on se moque allègrement de ces douchebags trop occupés à se regarder le nombril pour se préoccuper des autres habitants de leur île ou des conséquences des changements climatiques. On se paie la gueule de ceux qui misent tout sur l’apparence et la branchitude. Et on observe avec sarcasme une société qui voue un culte à la performance, tout en faisant l’apologie du mieux-être et de la relaxation. Une fable d’anticipation, certes, mais dans laquelle on se reconnaît tous au moins un petit peu.

Photo : Toma Iczkovits.

Derrière ce bordel hautement jouissif, se cache une démarche artistique aussi riche que rigoureuse. Les rôles principaux sont incarnés par des interprètes lyriques à la technique impeccable, qui chantent, en plusieurs langues, avec une intensité dramatique des textes déjantés, ponctués de « dudes » et de propositions grivoises. Le tout sur des mélodies complexes, magnifiques, jouées sur scène par le talentueux Philippe Prud’homme.

Photo : Toma Iczkovits.

À l’instar des opéras plus traditionnels, des surtitres sont projetés sur un écran, afin de traduire les chansons. Un procédé qui, entre les mains de ces comiques créateurs, ne sera qu’un moyen de plus de faire rigoler le public. Et ce n’est qu’une des références aux productions lyriques que l’on retrouve dans La Vague parfaite. Les auteurs du spectacle, se donnant comme mission de décloisonner l’opéra, s’en sont donné à cœur joie, comparant le sommeil des personnages sur le radeau « au deuxième acte à l’Opéra de Montréal » et projetant sur une planche de surf le visage de Marc Hervieux, qui surmonte un corps aux abdominaux d’acier.

Photo : Toma Iczkovits.

La dernière production du Théâtre du Futur propose au public montréalais le mélange idéal pour la saison d’été : un humour osé, des airs irrésistibles, des artistes de talent, ainsi qu’une réflexion pertinente sur les travers du monde dans lequel on vit. Si vous n’avez pas assisté à l’une des représentations de cette pièce en 2016, c’est votre chance. Allez, laissez-vous emporter par la vague!

La Vague parfaite, de Guillaume Tremblay et Olivier Morin, mise en scène par Guillaume Tremblay, est présentée les 20 et 21 juin, puis les 6, 7, 9 et 10 juillet, au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal.

Pour toutes les informations : www.theatredaujourdhui.qc.ca/vagueparfaite

 

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Texte : Karine Tessier

En 2006, autour d’une tasse d’espresso sur la rue Crescent, deux Allemands récemment débarqués dans la métropole ont l’idée d’un événement pour faire connaître l’œuvre imposante du compositeur Johann Sebastian Bach (1685-1750), créateur notamment des Variations Goldberg et des Concertos brandebourgeois. Le but : offrir aux curieux autant qu’aux mélomanes des concerts classiques, à prix variés (certains mêmes gratuits!).

Dix ans plus tard, le Festival Bach Montréal aura présenté au public montréalais 200 concerts, en plus de classes de maître, de conférences, de films et de symposiums. Et il aura attiré plus de 120 000 amoureux de la musique.

Pour son 10e anniversaire, cet événement devenu incontournable propose 28 spectacles dans 10 lieux de la ville, de la petite église à l’imposante Maison symphonique. Rendez-vous du 18 novembre au 4 décembre pour découvrir des musiciens d’ici comme d’ailleurs, et surtout (ré)entendre les chefs-d’œuvre du compositeur allemand.

Sergei Babayan.

Sergei Babayan.

En ouverture, à la Salle Bourgie, une des pièces signatures de Bach, les Variations Goldberg, interprétée par le pianiste américain Sergei Babayan.

Des mélodies que vous avez maintes fois entendues, peut-être sans le savoir, puisqu’elles ont inspiré des artistes de tous les milieux, que ce soit la chorégraphe québécoise Marie Chouinard pour son œuvre bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG en 2006 ou le romancier Thomas Harris pour The Silence of the Lambs en 1988. D’ailleurs, il est possible d’entendre les Variations Goldberg dans l’adaptation cinématographique de ce best-seller signée Jonathan Demme en 1991, ainsi que dans la série Hannibal diffusée en 2014.

Yo-Yo Ma. Photo : Jason Bell.

Yo-Yo Ma. Photo : Jason Bell.

Pour la toute première fois au Festival Bach Montréal, le grand violoncelliste américain Yo-Yo Ma, qui offrira au public trois des Suites pour violoncelle seul lors du Concert de gala 10e anniversaire, à la Maison symphonique.

Aussi à l’agenda, le fascinant spectacle Chemins cachés, mettant en vedette la violoniste Laura Andriani, la soprano Suzie Leblanc et la violoncelliste Elinor Grey, toutes trois canadiennes, à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Un événement qui est l’aboutissement de véritable « fouilles archéologiques », qui ont permis la découverte dans les œuvres pour violon solo des traces de chorals luthériens traditionnels qui les inspirèrent.

Konstantin Lifschitz. Photo : Sona Andreasyan.

Konstantin Lifschitz. Photo : Sona Andreasyan.

Pour les férus d’histoire, Les Partitas pour clavier, jouées par le pianiste russe Konstantin Lifschitz, à la Salle Bourgie. Ces six Partitas sont les premières pièces que Bach publia, dans l’espoir de gagner un peu de sous et, surtout, la gloire. Son rêve, vous l’aurez deviné, a été exaucé.

Pour se préparer à la saison froide, les Cantiques d’hiver, par The Trinity Choir, sous la direction de Daniel Taylor, contre-ténor canadien de renommée mondiale, à la paroisse Saint-Léon de Westmount. Des œuvres chorales qui vous feront voyager du Moyen-Âge jusqu’à nos jours.

On ne saurait oublier les six Concertos brandebourgeois, interprétés par l’Orchestre de chambre McGill, sous la direction de Boris Brott, à la Christ Church Cathedral. Vous vous devez, au moins une fois dans votre vie, d’entendre en concert les concertos les plus célèbres du compositeur allemand.

Orchestre symphonique de Montréal.

Orchestre symphonique de Montréal.

Puis, en clôture du Festival Bach Montréal, la Passion selon saint Matthieu, un oratorio joué par l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de maestro Kent Nagano, dans une mise en espace d’Alain Gauthier, doyen du Cirque du Soleil, à la Maison symphonique. Toute sa vie, Bach aura été fasciné par l’opéra, sans jamais en composer pour la scène. La Passion selon saint Matthieu et la Passion selon saint Jean sont ses œuvres les plus près du théâtre lyrique.

Le Festival Bach Montréal, du 18 novembre au 4 décembre 2016, dans 10 lieux de la métropole. Pour toutes les informations : www.festivalbachmontreal.com

Texte : Véronique Bonacorsi

Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Quelques semaines avant l’ADISQ, la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique s’est réunie pour célébrer les succès de ses membres. Pas moins de 45 trophées ont été remis le soir du 12 septembre, au Métropolis de Montréal, à une sélection d’artisans contribuant à la musique au pays. Une grande réunion de famille pas trop formelle où tous les invités sont gagnants.

Ariane Moffatt, auteure-compositrice de l'année. Photo : Benoît Rousseau.

Ariane Moffatt, auteure-compositrice de l’année. Photo : Benoît Rousseau.

Dix Prix Chansons populaires (francophones) ont été décernés. Parmi eux, Ariane Moffatt pour Debout, qui, pour reprendre les mots de l’artiste, n’est pas une chanson portant sur sa personne seule qui « se roule dans sa shit », mais plutôt sur la ténacité du couple. Moffatt a aussi été sacrée Auteure-compositrice de l’année, un accomplissement que la chanteuse attribue à sa virée pop.

Jean Leloup. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Jean Leloup. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Paradis City de Jean Leloup, favorite incontestée des radios, s’est mérité le même honneur, tout comme L’Amour est un monstre par les hommes de Valaire et Karim Ouellet, qui ont envahi la scène pour accepter leur prix et se lancer dans une prestation improvisée de Dégénération, un peu au désarroi de l’animateur de la soirée, le chanteur Stéphane Archambault de Mes Aïeux, qui tenait à ce l’on maintienne un certain décorum… Son appel ne semble pas avoir été entendu par les contributeurs de Fanny venus récolter leur trophée, Alex Nevsky et Yann Perreau, responsable de la mise en scène du gala, qui se sont mis à se relancer des obscénités à la blague.

High Klassified est reparti avec le Prix Musique électronique. Photo : Benoît Rousseau.

High Klassified est reparti avec le Prix Musique électronique. Photo : Benoît Rousseau.

 

Le chanteur Wesli, qui s'est vu remettre le Prix Hagood Hardy, dans la catégorie musique du monde. Photo : Benoît Rousseau.

Le chanteur Wesli, qui s’est vu remettre le Prix Hagood Hardy, dans la catégorie musique du monde. Photo : Benoît Rousseau.

Pour leurs prouesses à l’étranger, Coeur de Pirate et Grimes ont partagé le Prix international, dont les remerciements préenregistrés ont été relayés par vidéo. Carry On (Oublie-moi) de Coeur de Pirate s’est aussi valu un Prix Chanson populaire.

Le groupe Loud Lary Ajust a remporté le prix Musique urbaine. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Le groupe Loud Lary Ajust a remporté le Prix Musique urbaine. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

La SOCAN a récompensé plusieurs productions audiovisuelles : 30 vies, 19-2, Salmigondis, Food Factory en font partie, ainsi que Eduardo Noya Schreus pour le film Mommy. « Wow! Je savais pas que mon accent était si fort! », s’est exclamé le compositeur d’origine péruvienne en montant sur scène après la vidéo d’introduction où il expliquait son travail.

Le gagnant de "La Voix" Yoan a reçu le Prix Musique country. Photo : Benoît Rousseau.

Le gagnant de « La Voix » Yoan a reçu le Prix Musique country. Photo : Benoît Rousseau.

Un nouveau prix cette année, celui de l’éditeur de l’année, a été remis à Ho-Tune. Comme l’a rappelé la chef des affaires au Québec pour la SOCAN, Geneviève Côté, l’édition de la musique, ou tout ce qui touche à sa gestion, est souvent un rôle oublié, mais il s’avère essentiel à la survie des artistes.

Safia Nolin, lauréate du Prix Révélation. Photo : Benoît Rousseau.

Safia Nolin, lauréate du Prix Révélation. Photo : Benoît Rousseau.

Sur le thème de la nouveauté, Safia Nolin, qui a remporté le Prix Révélation pour 2016, a adorablement entamé son discours : « Allô, c’est gênant. J’ai envie de pipi », avant de lire les notes écrites sur sa main. Du côté des vétérans, Alain Chartrand s’est valu un Prix Hommage – et une chaude ovation! – pour son implication dans le festival Coup de cœur francophone.

Loud Lary Ajust, Klô Pelgag et Pierre Kwenders. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Loud Lary Ajust, Klô Pelgag et Pierre Kwenders. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Bien sûr, un gala sans performances musicales ne serait sans doute pas un gala réussi. De ce côté, le public a été assez choyé. La première prestation de la soirée réunissait Klô Pelgag, Pierre Kwenders et Loud Lary Ajust pour une intéressante reprise de Le Début d’un temps nouveau de Stéphane Venne, récipiendaire du Prix Empreinte culturelle. Dans ses remerciements, Venne a souligné qu’il avait écrit cette chanson il y a 46 ans, afin de documenter, en quelque sorte, la vie en 1970. « Écrivez pour la personne qui écoute », a-t-il conseillé à ses pairs aspirant à la longévité.

Le Prix Empreinte culturelle a été remis à Stéphane Venne. Photo : Benoît Rousseau.

Le Prix Empreinte culturelle a été remis à Stéphane Venne. Photo : Benoît Rousseau.

Roch Voisine a demandé au public de l’accompagner pour le refrain de Ma Mère chantait toujours, honorant le Classique de la SOCAN composé par Luc Plamondon et François Cousineau. Rigolant, Plamondon n’a pu s’empêcher de noter : « Ils me donnent la même photo depuis 20 ans! », désignant l’image ornant son trophée. Mais lorsqu’il est retourné sur scène pour Piaf chanterait du rock, un autre Classique, son message se voulait plus sérieux. Il accuse les radiodiffuseurs et télédiffuseurs d’ici de ne pas donner une assez grande place à la francophonie au profit des œuvres anglophones.

Éric Lapointe. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Éric Lapointe. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Un medley des désormais Classiques d’Éric Lapointe a été interprété : Fanny Bloom a démontré sa puissance vocale sur Terre promise (poussé par le vent), Matt Holubowski a fait ressortir la douce douleur de N’importe quoi,  et King Melrose a su donner du groove à Marie Stone. Preuve de la popularité de l’artiste, lorsque Lapointe s’est levé pour récupérer ses honneurs, toute la salle s’est mise à chanter N’importe quoi.

Richard Séguin. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Richard Séguin. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Un moment attendu de ce gala était l’hommage rendu à Richard Séguin, lauréat du Prix Excellence. Se sont joints Patrice Michaud, Elisapie Isaac, Luce Dufault, Coral Egan et Pierre Flynn pour une performance des grands succès de l’artiste, devant un montage photo de ce dernier. Le prix a été remis à Séguin par son ami Gilles Valiquette, membre du conseil d’administration de la SOCAN. L’homme a livré un discours parfois humoristique (« Un 45 tours, c’est comme un MP3 en plastique », a-t-il expliqué à la relève), mais aussi inspirant. Son travail prend tout son sens si des gens parviennent à y trouver des repères émotifs.

L'animateur de la soirée Stéphane Archambault pendant l'hommage rendu à la formation Les Colocs. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

L’animateur de la soirée Stéphane Archambault pendant l’hommage rendu à la formation Les Colocs. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

L’hommage rendu aux Colocs, dont cinq chansons se sont vu décerner le titre de Classique de la SOCAN, constituait un autre moment fort de la célébration. Avec un plaisir apparent, Stéphane Archambault lui-même a lancé le pot-pourri, suivi de Jonathan Painchaud – qui a prouvé les talents d’élocution de Dédé Fortin en s’enfargeant dans sa langue –, Philippe Brach, 2Frères et Alexe Gaudreault. Puis, les coauteurs de Juste une p’tite nuite ont témoigné du pouvoir catalyseur de leur défunt leader, rendu immortel grâce à l’organisme hôte. Réal et Sylvie Fortin, frère et sœur du chanteur, ont déploré l’absence de ce dernier, qui n’a pas eu la chance de monter sur cette scène, contrairement à tous les autres dans la salle. La sœur de Dédé a demandé aux gens de chercher de l’aide s’ils avaient des idées suicidaires. C’est sur cette note sombre que s’est terminée la soirée… avant que l’animateur invite tout le monde au buffet de burgers, grilled cheese et poutine bien arrosés!

Pour connaître tous les récipiendaires du Gala de la SOCAN 2016 et en savoir plus sur l’organisme : www.socan.ca/fr

Texte : Karine Tessier

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Du 3 au 10 août, se tient à Montréal la 26e édition du festival Présence autochtone, le plus important événement du genre dans la province. L’an dernier, les différentes activités ont attiré 150 000 spectateurs en salles et sur les sites extérieurs. Encore cet été, les fidèles et les curieux peuvent découvrir le talent de 150 créateurs d’ici et d’ailleurs : cinéastes, musiciens, artistes visuels, écrivains. Fragments Urbains vous partage ses coups de cœur de la programmation.

La sélection de courts et longs métrages de Présence autochtone recèle de petits bijoux. Un mois avant le début de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, lancée par le gouvernement libéral de Justin Trudeau, il faut voir le documentaire Our Sisters in Spirit, le 9 août. Le jeune réalisateur Nick Printup tente d’y expliquer ce fléau, lui qui a des liens amicaux ou familiaux avec neuf de ces femmes.

Vous préférez la fiction? Chasing the Light, de Blackhorse Lowe, est toute une expérience! On y suit les péripéties d’un scénariste dépressif, suite à sa rupture amoureuse. Un film qui brouille les frontières entre drame et comédie, entre documentaire et expérimentation, projeté le 6 août.

À noter également, deux présentations gratuites, le 9 août : Mana Wairoa Maori Pacifica, un programme de courts qui dépeignent la réalité des autochtones du Sud-Pacifique. Et Le Dep, de Sonia Bonspille-Boileau, un suspense qui a beaucoup fait parler dans la dernière année, à voir en plein air.

Le Dep (Version française) from Le Dep de S. Bonspille Boileau on Vimeo.

L’exposition Classic Rock de Riel Benn est un arrêt obligé sur votre parcours à Présence autochtone. On craque complètement pour ces pochettes de disques rock réinterprétées, pour les relier à la cause amérindienne. Vous n’avez aucune raison de la rater, puisqu’elle est présentée en deux volets. D’abord, à l’Espace Ashukan pour la série complète d’œuvres originales, jusqu’au 20 septembre. Puis, sur la rue Sainte-Catherine, en reproductions grands formats, jusqu’au 7 août.

Présence_autochtone_Riel_Benn

Que vous aimiez vous trémousser sur des rythmes pop, rock, folk, reggae ou électro, il y a un concert pour vous, du 4 au 7 août, à la Place des Festivals. Ce grand lieu de rassemblement a été métamorphosé pour la durée du festival. La scénographie, signée Michel Marsolais, est à couper le souffle : tipis et maison longue illuminés, cervidés dans les fontaines, et projections murales de Caroline Monnet et Michel Poulin.

Vous y trouverez également de la bouffe de rue autochtone, qui ravira le palais des nombreux foodies montréalais. À l’ardoise : pulled bison au poivre rouge et thé du Labrador et hot-dog de wapiti et fleur d’ail! À moins que vous vouliez goûter la sopa de piedra, la « soupe de roches », un plat traditionnel de la région d’Oaxaca, au Mexique, mitonné par le chef César Gachupin De Dios. Pourquoi « soupe aux roches »? Parce que ce plat de poisson est cuit sur des pierres chauffées à vif!

Pour toutes les informations : www.presenceautochtone.ca

ENTREVUE AVEC IZRA L DU GROUPE H’SAO

Texte : Karine Tessier

H'Sao

C’est dans les années 1990 que se forme le groupe H’Sao, qui signifie Hirondelle des Sao, les ancêtres des Tchadiens. Au départ, les frères Rimtobaye et leurs amis d’enfance performent dans les églises. En 2001, ils débarquent pour une première fois en sol canadien pour les Jeux de la Francophonie, où ils remportent la médaille de bronze au concours de chansons. Séduits, ils déménagent leurs pénates à Montréal. Depuis, la formation a conquis le public partout sur le globe avec ses voix envoûtantes et ses mélodies, qui allient le gospel, la soul, le jazz et les sonorités traditionnelles africaines.

Au Festival international Nuits d’Afrique, H’Sao montera sur la scène du Théâtre Fairmount de Montréal pour lancer son quatrième album, Saar, qui marque un retour aux sources, avec le style dépouillé qui est devenu sa marque de commerce. Fragments Urbains s’est entretenu pour l’occasion avec le benjamin du quatuor, Izra L.

H’Sao existe depuis une vingtaine d’années. Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de travailler, dans votre musique?

Déjà, l’environnement. Depuis plusieurs années, nous vivons au Québec. C’est un grand changement. Nous avons ici plus de facilité à faire les choses comme on le veut. Au Tchad, nous n’avions qu’une guitare. Ça nous a permis de développer notre côté vocal; nous imitions les instruments de musique. Ici, nous avons découvert de nouvelles influences, ajouté des instruments. Le groupe a toujours été ouvert aux musiques modernes, qu’elles viennent de l’Amérique du Nord ou de l’Europe.

À vos débuts, vous étiez reconnus pour vos prouesses a cappella.

Au départ, ce n’était pas un choix, mais une nécessité puisque nous n’avions pas d’instruments! Mais ce n’était pas frustrant. Nous avions du plaisir à chanter, d’abord à l’église, puis à la maison. Les gens appréciaient nos voix. Mais, arrivés ici, nos performances a cappella sont devenues notre marque de commerce.

H'Sao_Saar

Sur votre nouvel album, Saar, vous faites un retour aux sources, avec un son plus dépouillé.

Oui, avec seulement nos voix, une guitare et un peu de percussions. Ça faisait un bail qu’on nous le demandait! Au départ, on voulait faire un album carrément a cappella. Puis, on s’est retrouvés à travailler avec une guitare, comme nous le faisions à nos débuts.

H’Sao donne maintenant des concerts au Canada, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Europe, en Asie, en Australie… Comment les différents publics réagissent-ils à votre musique?

Leurs réactions sont communes. Les gens sont toujours ébahis, captivés quand nous chantons a cappella. Pour eux, c’est du jamais vu, du jamais entendu. Même s’ils ne comprennent pas un mot de ce que nous chantons, ils se retrouvent dans notre musique. Elle leur fait du bien. De notre côté, ça nous donne la force et la joie de continuer. Voir que le public adore nos spectacles, qu’il chante et danse avec nous, c’est un sentiment extraordinaire!

Vos fans ne comprennent pas toujours vos paroles, mais ils ressentent les émotions qui se dégagent de votre musique.

Exactement! C’est toujours la même chose partout. Comme quoi, au fond, on est différents, mais, à l’intérieur, spirituellement, on est tous de la même couleur.

 

Votre musique est empreinte de spiritualité. Quelle importance a la religion dans votre parcours artistique?

Notre père est pasteur. Donc, notre aventure a vraiment commencé à l’église, avec le gospel à l’africaine. Et ça nous a suivis jusqu’à aujourd’hui, c’est dans notre sang. Jeunes, on écoute et on accepte. Après, en vieillissant, on remet beaucoup de choses en question. Nous croyons toujours en Dieu, nous sommes toujours chrétiens, mais nous sommes très ouverts. Nous voyons la vérité en face, nous discutons. Nous assumons totalement ces remises en question; nous sommes bien là-dedans. Mais nous reconnaissons également que la religion est la base qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui.

Sur vos albums, vous abordez des thèmes durs, comme la discrimination, l’exil, la guerre… Pour vous, un artiste se doit-il d’être engagé?

Ce n’est pas obligatoire. Nul besoin de tout intellectualiser. C’est un choix que nous avons fait. H’Sao s’est donné comme mission d’éduquer les gens, de dénoncer les choses qui ne vont pas. Surtout venant d’un pays comme le nôtre, qui n’est pas vraiment stable. Là-bas, c’est la dictature, la guerre, les gens opprimés et les mariages forcés. Nous avons eu la chance de nous établir ici, où nous avons appris beaucoup de choses, et nous voulons partager notre expérience. La population au Tchad ne sait pas qu’elle a des droits, une liberté, qu’elle n’a pas à subir ça. C’est un devoir, mais que nous accomplissons dans le plaisir.

Et comment H’Sao poursuivra-t-il cette mission dans les prochains mois?

Le groupe a beaucoup de spectacles en vue, davantage aux États-Unis. Depuis l’an dernier, la demande se fait croissante là-bas. Puis, nous prévoyons repartir au Tchad. Et nous avons aussi l’intention d’amener le nouvel album en France.

Site Web officiel du groupe : http://www.hsao.ca/

Site Web officiel du Festival international Nuits d’Afrique : http://www.festivalnuitsdafrique.com/