Texte : Véronique Bonacorsi

Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Quelques semaines avant l’ADISQ, la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique s’est réunie pour célébrer les succès de ses membres. Pas moins de 45 trophées ont été remis le soir du 12 septembre, au Métropolis de Montréal, à une sélection d’artisans contribuant à la musique au pays. Une grande réunion de famille pas trop formelle où tous les invités sont gagnants.

Ariane Moffatt, auteure-compositrice de l'année. Photo : Benoît Rousseau.

Ariane Moffatt, auteure-compositrice de l’année. Photo : Benoît Rousseau.

Dix Prix Chansons populaires (francophones) ont été décernés. Parmi eux, Ariane Moffatt pour Debout, qui, pour reprendre les mots de l’artiste, n’est pas une chanson portant sur sa personne seule qui « se roule dans sa shit », mais plutôt sur la ténacité du couple. Moffatt a aussi été sacrée Auteure-compositrice de l’année, un accomplissement que la chanteuse attribue à sa virée pop.

Jean Leloup. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Jean Leloup. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Paradis City de Jean Leloup, favorite incontestée des radios, s’est mérité le même honneur, tout comme L’Amour est un monstre par les hommes de Valaire et Karim Ouellet, qui ont envahi la scène pour accepter leur prix et se lancer dans une prestation improvisée de Dégénération, un peu au désarroi de l’animateur de la soirée, le chanteur Stéphane Archambault de Mes Aïeux, qui tenait à ce l’on maintienne un certain décorum… Son appel ne semble pas avoir été entendu par les contributeurs de Fanny venus récolter leur trophée, Alex Nevsky et Yann Perreau, responsable de la mise en scène du gala, qui se sont mis à se relancer des obscénités à la blague.

High Klassified est reparti avec le Prix Musique électronique. Photo : Benoît Rousseau.

High Klassified est reparti avec le Prix Musique électronique. Photo : Benoît Rousseau.

 

Le chanteur Wesli, qui s'est vu remettre le Prix Hagood Hardy, dans la catégorie musique du monde. Photo : Benoît Rousseau.

Le chanteur Wesli, qui s’est vu remettre le Prix Hagood Hardy, dans la catégorie musique du monde. Photo : Benoît Rousseau.

Pour leurs prouesses à l’étranger, Coeur de Pirate et Grimes ont partagé le Prix international, dont les remerciements préenregistrés ont été relayés par vidéo. Carry On (Oublie-moi) de Coeur de Pirate s’est aussi valu un Prix Chanson populaire.

Le groupe Loud Lary Ajust a remporté le prix Musique urbaine. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Le groupe Loud Lary Ajust a remporté le Prix Musique urbaine. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

La SOCAN a récompensé plusieurs productions audiovisuelles : 30 vies, 19-2, Salmigondis, Food Factory en font partie, ainsi que Eduardo Noya Schreus pour le film Mommy. « Wow! Je savais pas que mon accent était si fort! », s’est exclamé le compositeur d’origine péruvienne en montant sur scène après la vidéo d’introduction où il expliquait son travail.

Le gagnant de "La Voix" Yoan a reçu le Prix Musique country. Photo : Benoît Rousseau.

Le gagnant de « La Voix » Yoan a reçu le Prix Musique country. Photo : Benoît Rousseau.

Un nouveau prix cette année, celui de l’éditeur de l’année, a été remis à Ho-Tune. Comme l’a rappelé la chef des affaires au Québec pour la SOCAN, Geneviève Côté, l’édition de la musique, ou tout ce qui touche à sa gestion, est souvent un rôle oublié, mais il s’avère essentiel à la survie des artistes.

Safia Nolin, lauréate du Prix Révélation. Photo : Benoît Rousseau.

Safia Nolin, lauréate du Prix Révélation. Photo : Benoît Rousseau.

Sur le thème de la nouveauté, Safia Nolin, qui a remporté le Prix Révélation pour 2016, a adorablement entamé son discours : « Allô, c’est gênant. J’ai envie de pipi », avant de lire les notes écrites sur sa main. Du côté des vétérans, Alain Chartrand s’est valu un Prix Hommage – et une chaude ovation! – pour son implication dans le festival Coup de cœur francophone.

Loud Lary Ajust, Klô Pelgag et Pierre Kwenders. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Loud Lary Ajust, Klô Pelgag et Pierre Kwenders. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Bien sûr, un gala sans performances musicales ne serait sans doute pas un gala réussi. De ce côté, le public a été assez choyé. La première prestation de la soirée réunissait Klô Pelgag, Pierre Kwenders et Loud Lary Ajust pour une intéressante reprise de Le Début d’un temps nouveau de Stéphane Venne, récipiendaire du Prix Empreinte culturelle. Dans ses remerciements, Venne a souligné qu’il avait écrit cette chanson il y a 46 ans, afin de documenter, en quelque sorte, la vie en 1970. « Écrivez pour la personne qui écoute », a-t-il conseillé à ses pairs aspirant à la longévité.

Le Prix Empreinte culturelle a été remis à Stéphane Venne. Photo : Benoît Rousseau.

Le Prix Empreinte culturelle a été remis à Stéphane Venne. Photo : Benoît Rousseau.

Roch Voisine a demandé au public de l’accompagner pour le refrain de Ma Mère chantait toujours, honorant le Classique de la SOCAN composé par Luc Plamondon et François Cousineau. Rigolant, Plamondon n’a pu s’empêcher de noter : « Ils me donnent la même photo depuis 20 ans! », désignant l’image ornant son trophée. Mais lorsqu’il est retourné sur scène pour Piaf chanterait du rock, un autre Classique, son message se voulait plus sérieux. Il accuse les radiodiffuseurs et télédiffuseurs d’ici de ne pas donner une assez grande place à la francophonie au profit des œuvres anglophones.

Éric Lapointe. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Éric Lapointe. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Un medley des désormais Classiques d’Éric Lapointe a été interprété : Fanny Bloom a démontré sa puissance vocale sur Terre promise (poussé par le vent), Matt Holubowski a fait ressortir la douce douleur de N’importe quoi,  et King Melrose a su donner du groove à Marie Stone. Preuve de la popularité de l’artiste, lorsque Lapointe s’est levé pour récupérer ses honneurs, toute la salle s’est mise à chanter N’importe quoi.

Richard Séguin. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Richard Séguin. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

Un moment attendu de ce gala était l’hommage rendu à Richard Séguin, lauréat du Prix Excellence. Se sont joints Patrice Michaud, Elisapie Isaac, Luce Dufault, Coral Egan et Pierre Flynn pour une performance des grands succès de l’artiste, devant un montage photo de ce dernier. Le prix a été remis à Séguin par son ami Gilles Valiquette, membre du conseil d’administration de la SOCAN. L’homme a livré un discours parfois humoristique (« Un 45 tours, c’est comme un MP3 en plastique », a-t-il expliqué à la relève), mais aussi inspirant. Son travail prend tout son sens si des gens parviennent à y trouver des repères émotifs.

L'animateur de la soirée Stéphane Archambault pendant l'hommage rendu à la formation Les Colocs. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

L’animateur de la soirée Stéphane Archambault pendant l’hommage rendu à la formation Les Colocs. Photo : Frédérique Ménard-Aubin.

L’hommage rendu aux Colocs, dont cinq chansons se sont vu décerner le titre de Classique de la SOCAN, constituait un autre moment fort de la célébration. Avec un plaisir apparent, Stéphane Archambault lui-même a lancé le pot-pourri, suivi de Jonathan Painchaud – qui a prouvé les talents d’élocution de Dédé Fortin en s’enfargeant dans sa langue –, Philippe Brach, 2Frères et Alexe Gaudreault. Puis, les coauteurs de Juste une p’tite nuite ont témoigné du pouvoir catalyseur de leur défunt leader, rendu immortel grâce à l’organisme hôte. Réal et Sylvie Fortin, frère et sœur du chanteur, ont déploré l’absence de ce dernier, qui n’a pas eu la chance de monter sur cette scène, contrairement à tous les autres dans la salle. La sœur de Dédé a demandé aux gens de chercher de l’aide s’ils avaient des idées suicidaires. C’est sur cette note sombre que s’est terminée la soirée… avant que l’animateur invite tout le monde au buffet de burgers, grilled cheese et poutine bien arrosés!

Pour connaître tous les récipiendaires du Gala de la SOCAN 2016 et en savoir plus sur l’organisme : www.socan.ca/fr

CRITIQUE DE LA PIÈCE MA(G)MA DU COLLECTIF CASTEL BLAST

Texte : Karine Tessier

Photo : Jules Bédard.

Photo : Jules Bédard.

Au moment où les spectateurs prennent place dans les gradins, la pièce est déjà commencée. Un jeune garçon s’amuse en silence, assis sur le sol. Se met à défiler derrière lui, sur un écran noir, une suite de remerciements du collectif Castel Blast, de Jean-Paul Sartre à Walt Disney, en passant par le basketteur Lebron James et Céline Dion.

Photo : Jules Bédard.

Photo : Jules Bédard.

L’enfant se lève et s’éclipse. Entrent un à un sur la scène une vingtaine d’hommes au torse nu qui s’avancent, en regardant le public dans le blanc des yeux. Dans les premières minutes, ils esquissent des gestes lascifs, qui deviennent de plus en plus frénétiques. Les yeux des acteurs défient l’assistance, à mi-chemin entre la tentative de séduction arrogante et la provocation en duel. Ils se frappent, ils font des pompes au sol, ils transpirent. Après une montée dramatique d’une intensité presque insoutenable, le tableau prend fin, alors qu’une gracile jeune femme marche parmi les hommes et devient l’objet de leur convoitise.

D’autres filles rejoignent les gars. Nous sommes maintenant dans un bar, véritable meat market. La chasse est ouverte. Les deux sexes s’observent, se courtisent, se rapprochent. Les corps choquent et s’entrechoquent. La danse vire presque à l’orgie, avant que tous se laissent choir au sol, sorte de repos après l’amour.

Photo : Jules Bédard.

Photo : Jules Bédard.

Les scènes se succèdent, offrant aux spectateurs un ballet brut, instinctif sur le passage de l’enfance à l’âge adulte. Un conte aussi sensible que robuste, qui se clôt sur un fouillis inextricable d’émotions et de souvenirs, vécus par une quarantaine de personnages animés par des pulsions de vie et de mort.

Pour ouvrir sa saison, le Théâtre Espace Libre ose avec Ma(g)ma, dont l’écriture scénique, la mise en scène et la chorégraphie sont signées par le collectif Castel Blast, qui rassemble Olivia Sofia, Léo Loisel, Xavier Mary et Guillaume Rémus. Le spectacle, présenté jusqu’au 10 septembre, a d’abord vu deux de ses étapes de création être présentées à Zone Homa à l’été 2015, puis au OFFTA au printemps dernier.

Photo : Jules Bédard.

Photo : Jules Bédard.

Né il y a à peine un an, le quatuor mise d’abord sur les ambiances pour bousculer le public, l’émouvoir et le faire réfléchir. Il y a une économie de mots dans Ma(g)ma. Le voyage initiatique qu’on nous présente se fait surtout en gestes et en musique. Les acteurs tracent une succession de mouvements tantôt enveloppants, tantôt menaçants, mais toujours 100 % puissants. La chorégraphie se déroule sur des rythmes hypnotiques, rappelant par moments les pulsations cardiaques, diffusés par un système de son ambiphonique, qui permet aux mélodies d’entourer les spectateurs.

Photo : Jules Bédard.

Photo : Jules Bédard.

Castel Blast explore dans sa dernière création les thèmes toujours pertinents de la vie, de la mort, de l’amour et du sexe, sans chercher de réponses précises aux questions que se posent les hommes et les femmes, de la genèse à la création de Tinder.

Cette abstraction confère à la pièce une portée universelle. À l’instar des personnages du spectacle, le public est invité à s’interroger sur sa propre perte d’innocence, ce point de non-retour où on prend connaissance de l’influence, du pouvoir qu’il est possible d’exercer sur ses semblables. Ma(g)ma, c’est un rendez-vous avec sa propre violence, en compagnie d’un groupe d’artistes dont on ne peut que tomber amoureux.

Pour toutes les infos sur la pièce Ma(g)ma, présentée au Théâtre Espace Libre : www.espacelibre.qc.ca/spectacle/saison-2016-2017/magma

CRITIQUE DE HISTOIRE HIPPIE (STONE STORY) DE JEAN-ANDRÉ FOURESTIÉ

Texte : Véronique Bonacorsi
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Le terme « hippie » dans l’imaginaire collectif est teinté de clichés parfois peu reluisants. Danse psychédélique, consommation allègre de marijuana, préférences de pilosité douteuses… Mais derrière le nuage de fumée et les notes de rock, ce mouvement s’impose d’abord et avant tout comme une contre-culture désirant mettre fin aux injustices sociales. Le film Histoire hippie relate le parcours d’un de ces fervents rebelles.

Bordelais d’origine, nouvellement arrivé à Montréal, l’aspirant cinéaste Jean-André Fourestié se met à la recherche d’un logement en ville. Il tombe alors sur une annonce d’une colocation si peu chère qu’elle le laisse perplexe. En se rendant au vétuste immeuble du Mile-End, Fourestié rencontre Martin Stone, un homme de l’âge de son père, mais qui pose un regard très différent, libéré, sur le monde.

Au cours de leur colocation – partagée avec trois autres personnes –, Martin raconte son vécu, fascinant et particulier, au documentariste. En admiration devant un homme qui a tenu à poursuivre ses idéaux devant l’adversité, Fourestié propose de transposer ce récit dans un film. Une idée rejetée au départ par Martin. Puis, ce dernier voit dans ce documentaire le potentiel d’appliquer son mantra – paix, amour et ondes positives – à plus grande échelle et de peut-être changer pour le mieux la vie des spectateurs.

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Histoire hippie, c’est donc en premier lieu l’histoire d’un hippie, Martin Stone, un sympathique homme d’âge mur qui vit dans la marginalité. Dans son grand et vieil appartement montréalais, Martin a su réunir une grande famille éclatée, toujours changeante, composée autant de voyageurs, d’étudiants, d’immigrants, des anglophones et des francophones, qui y restent quelques mois ou plusieurs années. Afin de subvenir à ses besoins monétaires que lui impose la société conventionnelle, Martin travaille à temps partiel comme gardien de sécurité et aussi comme acteur. Entre les scènes de jasette sur le balcon et les séances de jams où tous les styles sont permis, Martin témoigne de ses choix de vie. Des choix dans l’optique de créer un monde meilleur, et pourtant qui lui ont coûté sur le plan familial. Documentaire choral, le film rencontre aussi les deux filles du principal protagoniste, Deborah et Jacqueline, l’ex-conjointe de Martin, Suzanne, ainsi que le deuxième mari de celle-ci, Alan Katz.

Tel un membre invisible de la famille élargie de Martin Stone, la caméra s’intègre parfaitement aux scènes du quotidien des personnages. Il faut dire que ce quatrième film documentaire, premier en format long métrage pour le réalisateur-scénariste-monteur, a été tourné sur trois ans, ce qui a permis cette intimité. La mosaïque d’exposés, sur les notions personnelles de la liberté et des moyens pour y parvenir, se déroule au rythme d’une trame sonore omniprésente, mais non envahissante. Composée par Freeworm (né Vincent Letellier), la musique aux influences tant jazz qu’électro suggère l’introspection dans laquelle le documentaire plonge ses sujets.

Plus qu’un récit individuel, Histoire hippie évoque un drame familial, voire humain dans son sens le plus global. Alors que son chemin « anti-establishment » connaît son paroxysme lorsqu’il rejoint, en 1966, la Hog Farm, la plus importante communauté hippie nord-américaine, Martin délaisse son mariage et son emploi dans une agence de publicité à New York. Il réussit toutefois à convaincre la mère de ses deux filles d’amener ces dernières avec lui, quelques mois par année, et ce, pendant six ans. Une décision qui a laissé des marques pour Deborah et Jacquie, qui, aujourd’hui, avec le recul, réalisent que leur enfance leur a en quelque sorte été soutirée. Vivant dans une communauté d’adultes, sans réel cadre ni discipline, elles ont bien entendu connu des moments magiques, mais elles ressentaient surtout le besoin d’être normales, dans une famille normale. Comment donc prétendre sauver le monde lorsqu’on ne peut pas prendre soin de son monde?

Le film ne porte aucun jugement sur les vies que mènent Martin Stone ou sa famille, ne « démonise »personne. Il présente des individus aux destins entrecroisés, qui tentent de se forger une place dans un monde qui ne concorde pas nécessairement aux valeurs de tous. Avec honnêteté, et aussi avec humour, les Stone partagent avec nous des réminiscences assez objectives et parfois douloureuses, de même que les échos du passé dans leur réalité présente. Un portrait humain touchant, à voir, qui fait réfléchir sur nos propres choix qui ont construit nos chemins de vie respectifs.

Le film Histoire hippie de Jean-André Fourestié est en salles au Québec depuis le 26 août 2015.

Page Facebook officielle du film : www.facebook.com/HistoirehippieStoneStory

Texte : Karine Tessier

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Du 3 au 10 août, se tient à Montréal la 26e édition du festival Présence autochtone, le plus important événement du genre dans la province. L’an dernier, les différentes activités ont attiré 150 000 spectateurs en salles et sur les sites extérieurs. Encore cet été, les fidèles et les curieux peuvent découvrir le talent de 150 créateurs d’ici et d’ailleurs : cinéastes, musiciens, artistes visuels, écrivains. Fragments Urbains vous partage ses coups de cœur de la programmation.

La sélection de courts et longs métrages de Présence autochtone recèle de petits bijoux. Un mois avant le début de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, lancée par le gouvernement libéral de Justin Trudeau, il faut voir le documentaire Our Sisters in Spirit, le 9 août. Le jeune réalisateur Nick Printup tente d’y expliquer ce fléau, lui qui a des liens amicaux ou familiaux avec neuf de ces femmes.

Vous préférez la fiction? Chasing the Light, de Blackhorse Lowe, est toute une expérience! On y suit les péripéties d’un scénariste dépressif, suite à sa rupture amoureuse. Un film qui brouille les frontières entre drame et comédie, entre documentaire et expérimentation, projeté le 6 août.

À noter également, deux présentations gratuites, le 9 août : Mana Wairoa Maori Pacifica, un programme de courts qui dépeignent la réalité des autochtones du Sud-Pacifique. Et Le Dep, de Sonia Bonspille-Boileau, un suspense qui a beaucoup fait parler dans la dernière année, à voir en plein air.

Le Dep (Version française) from Le Dep de S. Bonspille Boileau on Vimeo.

L’exposition Classic Rock de Riel Benn est un arrêt obligé sur votre parcours à Présence autochtone. On craque complètement pour ces pochettes de disques rock réinterprétées, pour les relier à la cause amérindienne. Vous n’avez aucune raison de la rater, puisqu’elle est présentée en deux volets. D’abord, à l’Espace Ashukan pour la série complète d’œuvres originales, jusqu’au 20 septembre. Puis, sur la rue Sainte-Catherine, en reproductions grands formats, jusqu’au 7 août.

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Que vous aimiez vous trémousser sur des rythmes pop, rock, folk, reggae ou électro, il y a un concert pour vous, du 4 au 7 août, à la Place des Festivals. Ce grand lieu de rassemblement a été métamorphosé pour la durée du festival. La scénographie, signée Michel Marsolais, est à couper le souffle : tipis et maison longue illuminés, cervidés dans les fontaines, et projections murales de Caroline Monnet et Michel Poulin.

Vous y trouverez également de la bouffe de rue autochtone, qui ravira le palais des nombreux foodies montréalais. À l’ardoise : pulled bison au poivre rouge et thé du Labrador et hot-dog de wapiti et fleur d’ail! À moins que vous vouliez goûter la sopa de piedra, la « soupe de roches », un plat traditionnel de la région d’Oaxaca, au Mexique, mitonné par le chef César Gachupin De Dios. Pourquoi « soupe aux roches »? Parce que ce plat de poisson est cuit sur des pierres chauffées à vif!

Pour toutes les informations : www.presenceautochtone.ca

CRITIQUE DE WEDDING DOLL (HATUNA MENIYAR) DE NITZAN GILADY

Texte : Véronique Bonacorsi

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Peut-on s’épanouir même si on ne saisit pas totalement la réalité qui nous entoure? Wedding Doll, du réalisateur et scénariste israélien Nitzan Gilady, met en scène un personnage original qui cherche à relever ce défi. Une touchante histoire de désir de liberté d’une beauté sous-estimée.

Hagit (Moran Rosenblatt) est une jeune femme, mi-vingtaine, atteinte d’une légère déficience intellectuelle. Dans une ville isolée du désert du Néguev, en Israël, elle travaille pour un petit producteur de papier de toilette, duquel elle utilise les retailles pour créer des mini poupées de mariées. La jeune femme espère d’ailleurs épouser un jour le garçon avec qui elle vit une amourette secrète : Omri (Roy Assaf), le fils du propriétaire de l’usine, Aryeh (Aryeh Cherner). Cette obsession du mariage et les aspirations de devenir dessinatrice de mode de Hagit inquiètent Sara (Assi Levy), sa mère dévouée et très protectrice. La fermeture imminente de l’usine de papier de toilette vient chambouler le quotidien relativement confortable des protagonistes et précipiter le déclin des ambitions romantiques de Hagit.

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La force de Wedding Doll repose surtout en son duo mère-fille. Gilady a su obtenir de ses actrices principales d’excellentes interprétations, tout à fait naturelles. Tandis que Rosenblatt joue avec précision les excentricités enfantines causées, en partie, par la condition de son personnage, Levy sait habilement rendre le tiraillement intérieur de la mère qui se retrouve à s’occuper seule de sa fille, devant du même coup délaisser trop souvent ses obligations professionnelles et mettre de côté ses désirs égoïstes de femme célibataire. L’une vit dans une bulle merveilleuse, dont les murs sont tapissés de découpages de revues de mariées et de robes. L’autre n’est que trop bien consciente des dangers de la réalité et en paie le prix, dont des relations familiales effritées. Mais malgré leurs différentes perceptions du monde, l’amour entre les deux femmes est indéniable et constitue le cœur du film.

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Il s’agit ici d’un impressionnant premier long métrage fictif pour Nitzan Gilady, un réalisateur de documentaires et ancien aspirant acteur. Il profite de son expérience comme documentariste pour ancrer son histoire, celle du complexe passage à l’âge adulte, dans des bases bien réelles. En fait, sa fiction s’inspire beaucoup de la relation entre son père et son frère. Ce dernier, qui rêvait de mariage comme Hagit, souffre de choc post-traumatique de la guerre au Liban, un trouble qui lui a causé que des peines amoureuses lorsque révélé à ses copines.

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L’autre graine d’idée pour Wedding Doll : la robe de papier de toilette, dépeinte sur l’affiche du film et portée à l’écran grâce au talent de la costumière Keren Eyal Melamed. Pendant une décennie, Gilady a gardé une photographie de femmes israéliennes portant cette robe, déambulant dans la rue dans le cadre d’une performance théâtrale, à la recherche d’un époux. Une image marquante, clé dans la création de Hagit, à qui le cinéaste a insufflé sa propre tendance artistique.

Ce genre de visuel fantaisiste, qui rend la protagoniste si charmante, contraste avec le vide du désert du Moyen-Orient. De la cinématographie, de Roi Rot, se dégage le symbolisme du personnage : devant l’horizon lointain et hostile, Hagit retrouve toujours la beauté et la lumière dont elle a besoin pour se réaliser, pour accomplir son but d’indépendance, un but auquel elle croit dur comme fer.

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Certes, ce rêve se base sur une construction préconçue, culturellement inculquée du mariage comme l’aboutissement d’une vie. Et même si le dénouement de cette quête surprend quelque peu par un changement de ton assez brutal, le spectateur de Wedding Doll ressort de son expérience contaminé par le naïf optimisme de Hagit.
Lauréat de plusieurs prix et distinctions depuis sa première au Festival international du film de Jérusalem, Wedding Doll a pris l’affiche au Québec le 3 juin dernier, en version originale en hébreu, avec sous-titres français ou anglais.

Site Web officiel du film : weddingdollthemovie.com

CRITIQUE DE FLOWER GIRL DE MICHELLE BELLO

Texte : Karine Tessier

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La fleuriste Kemi (Damilola Adegbite) n’en peut plus d’attendre que son petit ami avocat Umar (Chris Attoh) lui demande sa main. Mais voilà, le jeune homme, préoccupé par sa prochaine promotion, ne partage pas les visées romantiques de sa copine. Après une querelle, Kemi fait la connaissance d’un séduisant acteur de cinéma, Tunde (Blossom Chukwujekwu), qui propose de l’aider à reconquérir Umar.

La cinéaste Michelle Bello a rédigé le premier jet du scénario de Flower Girl alors qu’elle étudiait à la maîtrise en communication dans une université américaine. Grande fan de comédies romantiques hollywoodiennes, elle décide d’adapter le genre pour rejoindre les jeunes couples de la classe moyenne de Lagos. Elle confie ensuite son texte à son frère Jigi, qui signera la version finale, sortie dans les salles nigérianes en 2013.

Peuplé de personnages colorés, dont la délicieuse Stella (Bikiya Graham-Douglas), le film a connu un beau succès sur grand écran au Nigéria, là où beaucoup d’œuvres connaissent une courte sortie dans les cinémas, avant d’être lancées en DVD. Il a aussi remporté trois prix aux Nolly Awards 2014, l’équivalent des oscars dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

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Le second long métrage de Michelle Bello, certes, n’impressionne pas par ses prouesses techniques. On y remarque même quelques faux pas en ce qui a trait au montage ou à la bande son. Mais tout amateur de rom coms américaines y trouvera son compte. En effet, l’œuvre emprunte allègrement aux codes hollywoodiens du genre : du potinage entre copines, une héroïne qui subit une métamorphose beauté, des parents qui s’investissent un peu trop dans la vie amoureuse de leurs enfants, des quiproquos à profusion, des secrets mis au jour…

Ajoutons à cela des personnages au look d’enfer, des scènes de fête glamour, des images superbes de Lagos et des stars charismatiques. Ce serait bien dommage de bouder son plaisir devant ce conte de fée moderne.

Le film Flower Girl de Michelle Bello a été présenté au Festival international de cinéma Vues d’Afrique de Montréal dans le cadre d’un partenariat avec la NollywoodWeek de Paris.

Site Web officiel du film : flowergirlthemovie.com

Site Web officiel du Festival international de cinéma Vues d’Afrique : www.vuesdafrique.com

Site Web officiel de la NollywoodWeek de Paris, qui aura lieu du 2 au 5 juin prochains : www.nollywoodweek.com

CRITIQUE DE ITAL EL LAYL (THE NARROW FRAME OF MIDNIGHT) DE TALA HADID

Texte : Karine Tessier

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Des êtres qui cherchent, qui se cherchent. D’abord, un homme (Khalid Abdalla) qui suit la trace de son frère disparu au Maroc, en Turquie, puis en Irak. Et aussi, une fillette orpheline (Fadwa Boujouane) qui multiplie les tentatives pour s’affranchir d’un couple, qui planifie la vendre pour faire un gros coup d’argent (Hocine Choulri et Majdouline Idrissi).

Toute la distribution brille dans Itar el layl, scénarisé et réalisé par Tala Hadid, proposant une interprétation sensible, subtile, où les regards et les petits gestes sont d’une importance cruciale. Fadwa Boujouane, qui n’avait que sept ans au moment du tournage et pour qui c’est le premier film, y est bouleversante.

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Dans cette coproduction Maroc-Royaume-Uni-France, sortie en 2014, beaucoup de silences, infiniment plus évocateurs que les mots, qui n’arriveraient pas à dire tous les secrets gardés enfouis par les protagonistes et à expliquer toutes leurs blessures, dont certaines qui ne nous seront jamais racontées. On capte des bribes de souvenirs, de rêves. On recolle les morceaux de ces personnages brisés, mais résilients.

Ce premier long métrage de fiction de Tala Hadid, également photographe, est empreint de poésie. Les personnages y sont baignés d’une lumière dorée. Quant à la direction photo, elle sublime cette fable cruelle. Une vue d’une grande beauté, qui nous apprend qu’il est parfois essentiel de se perdre pour ensuite trouver le chemin qui nous ramènera à la maison. À voir absolument.

Présenté dans le cadre du Festival international de cinéma Vues d’Afrique à Montréal, Ital el layl est reparti avec une mention spéciale du jury, bien méritée.

Site Web officiel du film : www.thenarrowframeofmidnight.com

Site Web officiel du Festival international de cinéma Vues d’Afrique : www.vuesdafrique.com

Texte : Karine Tessier

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Embrasser large. Voilà le thème qu’a choisi le Festival du Jamais Lu pour son 15e anniversaire. Une déclaration d’amour à la langue, au théâtre, au public, à la vie. Une invitation à (re)penser le monde. Un engagement à continuer de débattre de sujets qui défraient les manchettes et enflamment les cœurs : le féminisme, la vie privée, la technologie, la performance, le capitalisme.

Depuis 15 ans, Jamais Lu donne une vitrine aux dramaturges émergents et contemporains, par l’entremise de la lecture de leurs textes. Au fil du temps, l’événement a fait des petits. D’abord, à Québec. Puis, à Paris. Pour cette nouvelle édition montréalaise, ce grand rendez-vous des amoureux du théâtre proposera une vingtaine de textes, lus par des acteurs ou par leurs auteurs. Aussi, des 5 à 7 et un bal littéraire. Un gros party de fête, du 28 avril au 6 mai 2015, au Théâtre Aux Écuries. Morceaux choisis d’une programmation enthousiaste.

Les auteurs participant au 15e Festival du Jamais Lu, le soir du lancement de la programmation. Photo : Festival du Jamais Lu.

Les auteurs participant au 15e Festival du Jamais Lu, le soir du lancement de la programmation. Photo : Festival du Jamais Lu.

En ouverture du festival, la soirée Vendre ou rénover, qui a emprunté son titre à une émission de Canal Vie. Ici, les participants ne brandiront pas marteau et perceuse, mais s’affronteront avec les mots. Mis en scène par Alexandre Fecteau, ce combat théâtral opposera huit auteurs, qui se demanderont s’il vaut mieux remonter les classiques ou faire table rase au profit de nouvelles créations. Un échange fascinant, autant qu’une réflexion sur le devoir de mémoire, la prise de parole et l’héritage culturel.

Sur la destination des espèces, de Jean-Philippe Baril-Guérard, transpose la vie du naturaliste Charles Darwin… en 2016. Professeur de biologie renommé, l’Anglais lance un bouquin sur ses recherches, ce qui provoque des débats fougueux sur les réseaux sociaux et au sein des communautés religieuses. Le tout à la sauce hip-hop. Unique.

Facebook, Twitter et autres Instagram et Snapchat font également partie du propos de Rien à cacher : No Way to Feel Safe, de François Édouard Bernier, Patrice Charbonneau Brunelle, Marilou Craft et Dominique Leclerc. Entre documentaire et fiction, cette lecture se veut un compte rendu des conférences d’Edward Snowden. A-t-on encore une vie privée en 2016?

Au Centre d’achats d’Emmanuelle Jimenez, un lieu autant poétique que toxique, une galerie de personnages feront face à leur destin entre deux présentoirs d’aubaines à ne pas rater. Quand la quête humaine transcende l’objet pour toucher l’universel.

Puis, il y a Elsie, qui vient de perdre sa mère, et Matt, à la recherche de traces de son passé. Dans Havre, de Mishka Lavigne, les souvenirs côtoient les regrets, et le vide est lourd à porter.

En début de soirée, les codirecteurs du Jamais Lu vous proposent de faire la connaissance de leurs auteurs coups de cœur, en entrevue et en prestation. Ils viennent de la France, de la Suisse, de la Belgique, des Comores ou de la République démocratique du Congo, et ils prendront un verre avec vous aux 5 à 7 Frenche la planète.

Que serait un 15e anniversaire sans célébration? On pratique ses meilleurs pas de danse pour le Bal littéraire AZERTY-QWERTY. Le concept de la soirée promet : quatre auteurs, deux Québécois et deux Français, ont le mandat d’écrire une histoire en 10 épisodes… en seulement 48 heures! Chaque segment se termine par le titre d’une chanson entraînante, sur laquelle le public est invité à se trémousser. Fun!

Site officiel du Festival du Jamais Lu : www.jamaislu.com

15e Festival du Jamais Lu – Dévoilement from Jamais Lu on Vimeo.

CRITIQUE DE DES HOMMES ET DE LA GUERRE DE LAURENT BÉCUE-RENARD

Texte : Véronique Bonacorsi

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Après avoir conquis la critique avec son premier film, De Guerre lasses (Living Afterwards : Words of Women), le cinéaste français Laurent Bécue-Renard poursuit sa réflexion sur les douleurs de la guerre avec le deuxième opus de sa trilogie Une Généalogie de la colère (Genealogy of Wrath). Des Hommes et de la guerre (Of Men and War) témoigne de la réalité des jeunes vétérans ayant combattu en Irak et en Afghanistan.

Lorsque Laurent Bécue-Renard fut envoyé en Bosnie-Herzégovine en 1995, lors de la dernière année de la guerre, pour exercer les fonctions d’éditeur en chef pour le webzine Sarajevo Online, il était loin d’une carrière en cinéma. Mais la rencontre avec les veuves bosniaques de soldats, racontant leur deuil et leur colère en thérapie, éveilla en lui un besoin de montrer ces blessures. Ainsi naquit son premier documentaire.

Le cinéaste Laurent Bécue-Renard. Photo : Camille Cottagnoud, Alice Films.

Le cinéaste Laurent Bécue-Renard. Photo : Camille Cottagnoud, Alice Films.

Puis, l’idée de réaliser l’équivalent d’un point de vue masculin, de vétérans américains, s’imposa. Cependant, ce contexte précis, dans lequel des hommes en choc post-traumatique pouvaient se réunir et partager leurs expériences au combat, ne semblait tout simplement pas exister… jusqu’à la création de The Pathway Home. Avec l’accord de Fred Gusman, le thérapeute initiateur de ce projet pionnier, Bécue-Renard, armé de son calepin et de sa caméra, participa au processus de guérison de ces « héros ».

Photo : Alice Films.

Photo : Alice Films.

Des Hommes et de la guerre s’immisce dans l’intimité des résidants de The Pathway Home, un centre de transition à Yountville, Californie, pour anciens combattants. Là-bas, des hommes tentent de panser les plaies de leur esprit par la discussion, le récit de leur traumatisme, pendant des mois de psychothérapie. Chaque témoignage est bouleversant : tandis que l’un raconte avoir vu une partie de cerveau glisser de la tête d’un cadavre, un autre avoue avoir tiré dans le visage d’un ami, par distraction. Tous s’efforcent de réapprendre à vivre en famille, de réapprivoiser la société qu’ils ont tenté de défendre. Ils doivent surtout accepter qu’ils ne pourront pas redevenir la personne qu’ils étaient avant la guerre. Ce film rend hommage à ces survivants, et à leurs proches, qui garderont à jamais les séquelles d’une violente proximité à la mort.

Photo : Alice Films.

Photo : Alice Films.

L’œuvre de Bécue-Renard parvient intelligemment à rendre compte du mal des protagonistes mis en scène, par leurs mots, bien sûr, mais aussi par les petits moments, captés par des plans serrés de caméra, où leur gestuelle les trahit. Le spectateur voit que ces soldats, avec grande difficulté, délaissent leur fierté et se rendent vulnérables. Un travail impressionnant de recherche et de montage de la part du réalisateur, qui a côtoyé pendant des années les traumatisés et leur famille, a permis ce climat de confiance nécessaire à sa participation aux séances de thérapie. La caméra s’impose dans tous les aspects de la vie de ces gens. Or, elle apparaît comme un outil nécessaire à la guérison, et non comme un être envahissant.

L’environnement sonore du film, qui inclut une musique subtile et nuancée composée par le Turque Kudsi Ergüner, fait écho à l’angoisse bouillonnante caractéristique des conflits armés. Inconsciemment, le public, comme le combattant à la psyché brisée, se voit constamment rappeler le traumatisme.

Photo : Alice Films.

Photo : Alice Films.

Pour le spectateur du documentaire, il est choquant de savoir qu’il n’y a pas beaucoup plus de centres comme The Pathway Home. Il s’avère clair qu’il faut en finir avec cet héritage du silence qui entoure l’après-guerre. Impossible de penser guérir sans d’abord prendre connaissance de ses blessures. De plus, les souffrances et le sentiment d’impuissance que nous montrent ces personnes ne font que révéler la triste absurdité de toute la chose. Des guerres font encore rage un peu partout sur terre, preuves de l’échec de ces sociétés. Qu’ont donc réussi à accomplir ces hommes, outre leur propre déclin?

Une projection de Des Hommes et de la guerre se tiendra le jeudi 28 avril au Cinéma du Parc, organisée par les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), dans le cadre de RIDM+. Une session Skype avec le réalisateur Laurent Bécue-Renard suivra.

Site Web officiel de RIDM+ : www.ridm.qc.ca/fr/ridm-a-l-annee/ridmplus

Site Web officiel du film : www.deshommesetdelaguerre.com

Of Men and War (Des hommes et de la guerre), Bande Annonce, VOSTF from alice films on Vimeo.

Texte : Karine Tessier

Papier16_bannière

Du 21 au 24 avril, se tient dans la métropole la neuvième édition de Papier, une foire d’art contemporain sur… papier, l’une des plus importantes du genre en Amérique du Nord. Organisé par l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC), l’événement donne à voir les créations de 300 artistes d’ici et d’ailleurs, représentés par 38 galeries. Dessins, photographies, collages et autres sculptures vous attendent donc au Hangar 16, au quai de l’Horloge, dans le Vieux-Port, un espace de 2 300 mètres carrés.

Hangar 16.

Hangar 16.

Désireuse de rejoindre le plus de gens possible, l’AGAC s’est donné comme mission de démocratiser l’art contemporain. D’abord, en favorisant la proximité entre le public et les exposants. Mais, également, en proposant aux amateurs d’art et, qui sait, futurs collectionneurs des œuvres plus abordables que celles que l’on retrouve souvent dans les musées et galeries. Pour compléter l’expérience, des visites guidées et des tables rondes sont prévues. Le panel de Lost and Found : Print Publishing After the Internet s’interrogera sur la possible fin du livre, alors que les mondes de l’édition et des médias vivent de nombreux bouleversements. Aussi, L’art contemporain pour les nuls… et les moins nuls, une discussion animée par le critique et professeur Nicolas Mavrikakis, qui permettra de démystifier l’art actuel, ainsi que d’en comprendre les enjeux esthétiques et intellectuels. Un échange incontournable pour ceux qui trouvent les musées et galeries un brin intimidants.

Papier15. Photo : Jean-Michael Seminaro.

Papier15. Photo : Jean-Michael Seminaro.

Papier15. Photo : Jean-Michael Seminaro.

Papier15. Photo : Jean-Michael Seminaro.

Parmi les centaines d’artistes présents à Papier16, certains coups de cœur de Fragments Urbains. À l’espace de la Galerie Antoine Ertaskiran, les paysages destroy en teintes pastel de Kim Dorland, mais aussi les photos bouleversantes de Jacynthe Carrier, qui illustrent la relation entre l’homme et le territoire, qu’il soit rural ou urbain. Du côté de la Galerie Division, l’incontournable Nicolas Baier et ses créations énigmatiques. La Galerie Michel Guimont, quant à elle, vous présente entre autres le travail de Donigan Cumming, des représentations crues de l’humanité et de ses tabous.

Vous êtes fana de films de peur? Passez voir les photos de Natascha Niederstrass au kiosque de la Galerie Trois Points. L’artiste s’inspire en effet du cinéma d’horreur et des faits divers. Si c’est plutôt les créations éclatées qui vous plaisent, vous plongerez volontiers dans l’univers coloré de Dan Brault, à l’espace Laroche/Joncas, un trip d’acide qui mêle collage et graffiti. Et on s’en voudrait de ne pas mentionner aussi le travail de Stikki Peaches, qui vous attend au stand de Station 16, bien connue pour ses portraits trash d’icônes de la pop, réalisés à l’aide de collage, de peinture acrylique et de sérigraphie.

Toutes les informations ici: papiermontreal.com

Papier16 x Scorpion Dagger from AGAC on Vimeo.