Festival du Jamais Lu – Réserves / Phase 1 : la cartomancie du territoire

Publié: 11 juin 2015 dans Événements, Théâtre et danse
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Texte : Karine Tessier

Photo : Festival du Jamais Lu

Photo : Festival du Jamais Lu

Ce fut d’abord la Syrie, la Palestine, le Congo. L’auteur, metteur en scène et acteur Philippe Ducros y a séjourné pour observer, apprendre, s’inspirer. Il a tiré de ses carnets de voyage des œuvres puissantes, qui nous confrontent avec l’ailleurs, avec l’autre. Mais aussi avec nous-mêmes.

Son dernier itinéraire, le dramaturge l’a tracé ici-même, au Québec. Mais dans des coins de la province méconnus, inconnus de la plupart d’entre nous : les réserves autochtones, du Saguenay à la Gaspésie, en passant par la Côte-Nord.

Après un premier contact parfois difficile, teinté de méfiance, les gens rencontrés se sont prêtés au jeu de l’échange. Philippe Ducros a recueilli leurs confidences, a cueilli avec le plus grand des respects les parcelles de blessures passées que les autochtones ont accepté de lui révéler.

Des souvenirs douloureux liés aux abus dans les pensionnats, aux dérives de la Loi fédérale sur les Indiens. Des histoires de crime, de drogue, de suicide, réflexes face à la violence subie, moyens du bord pour paralyser le mal, à défaut de savoir comment le faire disparaître. Des revendications contre les forêts saccagées, les rivières harnachées, le pétrole déversé.

JamaisLu_Affiche

Dans le cadre de la dernière édition du Festival du Jamais Lu à Montréal, en mai dernier, Philippe Ducros, accompagné sur scène des artistes innus Marco Dollin et Kathia Rock, a livré aux amoureux de théâtre des extraits de son récit sur le déracinement, l’endoctrinement, le refus de connaître et de reconnaître l’autre. Par cette prise de parole engagée, le public a pu faire la connaissance d’êtres forts, résilients, survivants. Des concitoyens, mais avec qui nous n’échangeons hélas que trop peu. Des voisins qui défraient les manchettes à peu d’occasions, et qui retournent dans l’ombre sitôt la dernière édition des quotidiens livrée sur le paillasson ou sur la tablette électronique.

Photo : Festival du Jamais Lu

Photo : Festival du Jamais Lu

Réserves / Phase 1 : la cartomancie du territoire est un laboratoire, un dialogue initié entre des peuples qui s’étudient, qui s’apprivoisent. Du théâtre documentaire nécessaire pour briser les stéréotypes et l’isolement. Mais aussi une réflexion des plus pertinentes sur la double position du peuple québécois, tout à la fois colonisé et colonisateur.

Site Web officiel du Festival du Jamais Lu : www.jamaislu.com

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